Femmes, artistes….. l’ardoise magique, histoires d’effacements

 

 

ac13e, Marie de France

Claricia, femme artsite, enlumineuse, au 13e siècle. Elle se présente avec une finesse extraordinaire et une précision anatomique remarquable pour le 13e .

Claricia, femme artiste, enlumineuse, au 13e siècle. Elle se présente avec une finesse extraordinaire et une précision anatomique remarquable pour le 13e .

Projet de texte, reprenant la plupart des contenus développés à l’ UPSUD en 2014

Cet article va être progressivement abondamment étoffé à partir des séances effectuées à l’Université du temps Libre d’Evry (91 )et des documents recensés autour des cultes préhistoriques ( Isis, Inanna, Ishtar, Tanit, Astarté….) puis de leur déconstruction systématique dans l’antiquité grecque et biblique. ( novembre 2015).

Le Beatus ( commentaire de l'apocalypse, 8e s) ; ici dans cette version du 9e siècle, est une oeuvre dans laquelle une certaine moniale, Ende a eu une participation notable ; il est vraisemblable que ce cas ne soit pas isolé.

Le Beatus ( commentaire de l’apocalypse, 8e s) ; ici dans cette version du 9e siècle, est une oeuvre dans laquelle une certaine moniale, Ende a eu une participation notable ; il est vraisemblable que ce cas ne soit pas isolé.

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Le même ouvrage, dit le Beatus de Tabara, enluminé en grande partie par la moniale Ende.

 

Avant ceci, un court texte polémique adressé à Ph. Sollers, auteur d’une chronique dans le magasine Nouvel Observateur :

L’histoire contemporaine accepte de retenir, après des années de purgatoire historique, certaines figures plus ou moins romantiques, de femmes ayant réussi à braver l’oubli : Gentilleschi ( Artemisia) Claudel ( Camille) leurs tragédies pimente leurs œuvres, que l’on effleure de façon condescendante trop souvent, mais  les autres sont systématiquement effacées de l’histoire, des manuels et des musées, particulièrement en France. Par exemple, au Musée de Nice, remarquable par ailleurs, il n’est fait aucune mention de Jeanne-Claude, l’artiste qui a œuvré, avec Christo Javacheff, et ce depuis le début de leurs empaquetages monumentaux dans les années 70.  Nombre de textes, articles et vidéos le prouvent.

Mais un exemple frappant de cette ardoise magique, effaçant les mémoires, c’est l’article, la chronique du jeudi 27 février 2014, article de Philippe Sollers, relatant un livre de Marc Dachy sur le dadaïsme, qui réussit la prouesse de ne citer AUCUNE femme de ce courant artistique.

Pourtant, cette histoire récente est assez documentée, et il n’est pas besoin d’être grand savant pour connaître Sophie Tauber, Hannah Höch, puis Suzanne Duchamp, Hemmy Ennings, Elsa Von Freytag, l’américaine oubliée, Marianne Brandt, Lily Reich, Lavinia Schultz….. eurent des influences décisives dans le mouvement dada, en France , en Suisse, en Allemagne..on peut aussi citer les constructivistes et artistes russes Sonia Delaunay, Liubov Popova, Barbara Stepanova, Natalia Gontcharova……très proches du dadaïsme elles aussi ainsi que la grande photographe Claude Cahun ( Lucy Schwob) qui dans sa pratique est , elle aussi furieusement avant gardiste. 

Il  se trouve que la plupart d’entre elles, furent actives avec leurs amis et compagnons, au même titre que ces artistes masculins, qui souvent ne reléguèrent pas ces femmes ; c’est l’histoire dominante qui les efface régulièrement de la mémoire, ne retenant que les artistes masculins, en l’occurence, ici, Arp, Hausman, Crotti, Delaunay, Schlemmer, Van der Rohe, Rodcenko, Ball et donc plus récemment encore Christo etc….

Il est affligeant de voir, 100 ans plus tard, se perpétuer l’enfouissement de ces artistes qui eurent non seulement la modernité, mais l’audace et le courage de s’affirmer dans un monde hostile.

Cet effacement est d’autant plus honteux, que justement, le dadaïsme a souvent fait de l’ univers féminin de l’époque, une alternative positive aux sociétés patriarcales obscurantistes et répressives qui avaient mené à la guerre et aux oppressions de toutes sortes ; ces artistes ne sont pas des suiveuses de leurs compagnons et ont exploré des domaines spécifiques, autour des sculptures/pantins, des chorégraphies, du collage, des performances et même des ready mades ( Elsa Von Freytag, dès 1915)il est d’autant plus honteux de les oublier, que c’est souvent la réaction nazie, pétainiste et stalinienne, qui a refermé la boîte de l’avant garde, en détruisant, enfermant et reléguant les artistes avant gardistes ; le Kinder-Kirshe-Küche de Hitler comme le Travail-Famille-Patrie de Pétain et les stéréotypes de la mère et de l’ouvrière du réalisme soviétique, ont détruit les vies de ces artistes et particulièrement de ces femmes. Comment est-il possible d’écrire un article , qui étant publié, remet donc une couche d’oubli et d’effacement, se rendant complice des pires médiocres du 20ème siècle.

Que Philippe Sollers écrive, mais ne se croie pas autorisé à écrire sur tout, à tout moment du seul fait d’avoir un espace hebdomadaire dédié…Ceci devrait être une injonction morale, une responsabilité, un devoir. Le narcissisme de pouvoir impunément signer une double page, si il est légitime et gratifiant, ne devrait pas permettre de telles négligences….surtout quand on a, comme lui, un tel palmarès de reconnaissance, incontestables, parfois.

Je propose ici une galerie commentée ; non exhaustive bien sûr :

Au regard des documents ci-dessous, il est évident qu’il n’existe pas d’art féminin, ni de spécificité picturale du travail des femmes artistes ; les œuvres sont en phase avec les moyens d’expressions des époques. Il serait téméraire d’imaginer un ordre ou des influences ; ces femmes participaient tout simplement de leur époque.

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Catherine Van Hermessen, 16e siècle. Bel autoportrait, parmi une oeuvre foisonnante.

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Elisabetta Siriani, autoportrait, peignant une figure masculine ; artiste reconnue largement de son vivant, effacée par l’histoire.

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l’extraordinaire Sofonisba Anguissola, dont la vie et les oeuvres méritent d’être retenues ; ses autoportraits sont remarquables de naturel et de vie ; créer dans l’ombre libère aussi des contraintes et des normes esthétiques ; voici aussi pourquoi, en fin de compte, les oeuvres de ces artistes femmes, sont si modernes.

Pour des raisons sociétales diverses, les académies et ateliers leurs étaient la plupart du temps fermés ; jusqu’au 19e siècle en France par exemple.

Les formations se sont faites la plupart du temps auprès de leurs proches déjà artistes, et souvent de leurs pères, pères artistes bienveillants et éducateurs de leurs filles, bravant les stéréotypes ; parmi les plus connus, Robusti ( Tintoret)

Antonietta Robusti, autoportrait, 16e siècle.

Marietta Robusti, autoportrait, 16e siècle.

et Gentilleschi.

Magnifique autoportraitd'Artemisia Gentilleschi devant unetoile vierge..solitude ? Absence de commandes ?

Magnifique autoportrait d’Artemisia Gentilleschi devant une toile vierge..solitude ? Absence de commandes ?

La question de la formation est première et pouvait être effectuée pendant la jeunesse de ces artistes,  mais de nombreux obstacles s’érigent :

le statut social et économique...Possibilité ou non d’être enregistrée comme artiste. Droit ou pas d’avoir des revenus ( rappelons qu’il faut attendre 1965, en France pour qu’une femme puisse ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de son mari!!). Poids crucial des traditions religieuses minorant les femmes dans l’espace public.

-la formation. Les ateliers ne sont pas ouverts aux femmes ; il leur est interdit particulièrement de pratiquer les études de nus . Il faut attendre la révolution française, mais ce sera pendant une brève période..La plupart du temps, les femmes artistes apprennent dans des cours privés ou avec leurs proches.

la commande d’œuvres. Une grande proportion des commandes étant religieuse, pendant des siècles, on imagine encore aisément la réticence des prêtres, mysogines patentés, à commander des œuvres religieuses, à de jeunes femmes artistes. Les commandes princières sont plus fréquentes. Mais ces contraintes réduisent de fait l’ambition des artistes femmes, qui se voient presque empêchées de réaliser de grands formats ; on peut rappeler que le format est fonction de l’ampleur du sujet, et ce jusqu’au 19e siècle ( hiérarchie des genres). les portraits, les scènes de genre, les natures mortes, seront longtemps les sujets de formats petits et relégués au bas de l’échelle des valeurs en peinture ; ce sont précisément les genres laissés aux artistes femmes.

La période révolutionnaire change la donne, les ateliers s’ouvrent aux femmes et la vague néo classique, inaugurée par David est également portée par de très nombreuses femmes artistes, et ce dans toute l’Europe.

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Katarina Ivanovic : dans l’atelier. Scène naturelle, d’une jeune femme artiste …

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Elisabeth Labille Guiard avec des élèves ; la transmission et l’instruction entre femmes ; Labille Guiard étant l’une des artistes les plus reconnues. Le drapé remarquable est ici comme un morceau de bravoure ; l’autoportrait en femme élégante et soignée indique aussi son statut social.

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Rose Adélaïde Ducreux, autoportrait dans la plus pure veine néoclassique démontrant une maîtrise extraordinaire du métier…Artiste néanmoins oubliée !! Quoiqu’excellente musicienne en plus d’être peintre…

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Marguerite Gérard. La révolution culturelle du néo classicisme, portant aussi sur la libération du corps par des vêtements plus légers, moins contraignants et par une coiffure plus libre ; le modèle romain permettant de se délier des contraintes religieuses.

Marie Gabrielle Capet, scène d'atelier, au milieu de confrères, en toute égalité semble t-il...

Marie Gabrielle Capet, scène d’atelier, au milieu de confrères, en toute égalité semble t-il…

les collections : du fait de cette hiérarchie, les œuvres d’artistes femmes, ne sont pas visibles dans les lieux publics : églises, palais, théâtres….Elles sont dispersées dans des lieux privés et assimilées à de la décoration. Il est donc plus difficile de faire concrètement le recensement de ces œuvres. alors qu’il suffit de parcourir Venise et ses églises pour accéder immédiatement au corpus des Bellini, Carpaccio,  Titien, Tintoret etc.

le quotidien,  mariages, procréation freinent et bloquent souvent la disponibilité de ces artistes ; quand le compagnon ou le mari est artiste, c’est toujours la femme qui arrête sa production…..ceci jusqu’à des temps très récents.

-la culture dominante ; les stéréotypes sur les rôles sexués et les genres sont tenaces. Jusque dans les années 80, on pouvait entendre des discours dominants, dans toutes les écoles d’art, sur la spécificité masculine du « génie », les femmes étant privées de cette dimension, du fait de leur destination naturelle à la création par l’enfantement. les hommes tenant leur puissance créative de leur frustration . La relégation religieuse, politique, économique et sociale de toutes les femmes, ne permettait pas de voir émerger des figures audacieuses, brisant un ordre séculaire.

Une fois bravés tous ces obstacles gigantesques, il reste à affronter les mémoires et la postérité….Chose hors de portée bien évidemment.

Contenus..

De façon étonnante et manifeste, on peut remarquer de certaines artistes ont réussi à s’imposer, malgré toutes ces embûches, dans leur milieu et jusqu’au plus haut sommet, comme par exemple S. Anguissola, qui fait un portrait officiel de Charles II d’Espagne au 16e siècle

Portrait royal..par Soffonisba Anguissola, .

Portrait royal..par Soffonisba Anguissola, .

ou Adelaïde Labille-Guiard qui fait celui de  Robespierre.

Adélaïde Labille Guyard ; ce portrait de M. De Robespierre témoigne de la présence réelle de femmes artistes reconnues de leur vivant, grâce cette fois ci aux progrès culturels de la Révolution ; c'est David qui ouvre les ateliers aux femmes.

Adélaïde Labille Guyard ; ce portrait de M. De Robespierre témoigne de la présence réelle de femmes artistes reconnues de leur vivant, grâce cette fois ci aux progrès culturels de la Révolution ; c’est David qui ouvre les ateliers aux femmes.

Nadine Villain, suffisemment réputée en ces temps révolutionnaires, pour obtenir une commande officielle de cette allégorie de la Liberté.

Nadine Villain, suffisamment réputée en ces temps révolutionnaires, pour obtenir une commande officielle de cette allégorie de la Liberté.

Il faut tout de même rappeler que Camille Claudel, fut exposée au salon, de son vivant et reconnue et admirée.

Ces faits révèlent de façon encore plus flagrante, le révisionisme permanent, qui efface systématiquement toutes les traces de ces artistes.

De ce fait, il n’est pas étonnant de voir certains sujets, devenir récurrents comme par exemple les autoportraits, qui dès les temps médiévaux, sont presque une spécificité féminine. La raison en est simple en fait ; c’est une façon performative de s’imposer incontestablement comme peintre.

Dans de nombreuses œuvres, des artistes mettent en évidence une page blanche, une œuvre vide, comme si  elles étaient interdites de sujets.

Toujours A. Labille-Guyard devant une toile blanche

Toujours A. Labille-Guyard devant une toile blanche

Marguerite Gerard, auteure également d'un portrait de Danton.

Marguerite Gerard, auteure également d’un portrait de Danton.

 

 

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jeanne-philibert-ledoux-autoportrait-1800. Malgré la reconnaissance croissante des femmes, artistes en ce tournant des siècles, beaucoup de femmes restent sans commandes ; est-ce la raison de ces nombreuses pages blanches ??

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Autoportrait de Henriette Lorimier, 1801 ; là encore même mise en scène…Des talents laissés en friche ?

L’autoportrait constitue aussi peut-être une marque particulière de l’intimité et du seul espace incontestable et autorisé, dans lequel ces artistes seront en mesure d’explorer et de déployer leur art.  Pas de clients, pas de commandes, pas de censures, pas de publicités ni de fortune( au sens de renommée mais aussi de revenus!!).

L’autoportrait sera ensuite une manière évidente d’interroger le regard et les apparences ; la plupart des sociétés imposent une violence significative contre les femmes et leur apparence. Le 21ème siècle n’échappe pas à la règle et de la Burka aux Barbie, c’est une normalisation imposée dès le plus jeune âge. On comprend aisément que beaucoup de femmes artistes se débattent avec la question de l’apparence et donc de l’autoportrait.

 

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Ce magnifique autoportrait anonyme du 15e. , création en acte, avec tous les stades de la représentation, des outils aux cadres et modèle du miroir..

Ce magnifique autoportrait anonyme du 15e. , création en acte, avec tous les stades de la représentation, des outils aux cadres et modèle du miroir convexe…

Encore S. Anguissola, mise en abyme du portrait et du cadre avec virtuosité remarquable. Modernité de la coiffure, des vêtements...16e siècle.

Encore S. Anguissola, mise en abyme du portrait et du cadre avec virtuosité remarquable. Modernité de la coiffure, des vêtements…16e siècle.

 

Elsabetta Siriani, 17e siècle, autoportrait en muse, partagée entre ses multiples talents.

Elsabetta Siriani, 17e siècle, autoportrait en muse, partagée entre ses multiples talents.

Angelica Kauffman, auteure de dizaines d'autoportraitsvariés et questionnant le statut d'artiste et de femme. 18ème. Suisse.

Angelica Kauffman, auteure de dizaines d’autoportraits variés et questionnant le statut d’artiste et de femme. 18ème. Suisse.

De nouveau Maria Anna Angelica Kaufmann, partagée entre ses muses.

De nouveau Maria Anna Angelica Kauffmann, partagée entre ses muses.

Marie Bracquemond, élève d'Ingres et première femme impressioniste, oubliée dans sa commune natale ( Argenton-29) réalise le passage entre le néo clacissisme et la modernité impressionniste. ici, jeune dans son atelier.

Marie Bracquemond, élève d’Ingres et première femme impressionniste, oubliée dans sa commune natale ( Argenton-29) réalise le passage entre le néo classicisme et la modernité impressionniste. ici, jeune dans son atelier.

A. Bilinska, Pose moderne et libre, en plein 19eme, dans l'intimité de l'atelier.

A. Bilinska, Pose moderne et libre, en plein 19eme, dans l’intimité de l’atelier.

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Cléopatra Elin Gambogi...Scandinavie, 19ème.

Cléopatra Elin Gambogi…Scandinavie, 19ème.

Rosa Bonheur, de Thomery ( 77) très célèbre peintre animalière. Femme très libre et audacieuse, imposant son humanisme grâce à sa notoriété.

Rosa Bonheur, de Thomery ( 77) très célèbre peintre animalière. Femme très libre et audacieuse, imposant son humanisme grâce à sa notoriété.

Eva Gonzales, l'une des pionnières de l'impressionnisme.

Eva Gonzales, l’une des pionnières de l’impressionnisme.

Mise en scène remarquable de la palette-coiffe-oculus. Taches et surfaces. Charley Toorop, début 20

Mise en scène remarquable de la palette-coiffe-oculus. Taches et surfaces. Charley Toorop, début 20

Magnifique autoportrait de la virtuose Hélène Schjerfbeck, finlandaise à redécouvrir.

Magnifique autoportrait de la virtuose Hélène Schjerfbeck, finlandaise à redécouvrir.

Elsa von Freytag, la libre dadaïste, expérimente les jeux de rôles, dès 1915, à New York.

Elsa von Freytag, la libre dadaïste, expérimente les jeux de rôles, dès 1915, à New York.

Hannah Hoch, comme Sophie Tauber et Sonia Delaunay, entre autres, travaillent sur le costume, le stéréotype de la poupée..La liberté dadaïste est explorée par un grand nombre d'artistes femmes, se dégageant des contraintes normatives de la culture occidentale.

Hannah Hoch, comme Sophie Tauber et Sonia Delaunay, entre autres, travaillent sur le costume, le stéréotype de la poupée..La liberté dadaïste est explorée par un grand nombre d’artistes femmes, se dégageant des contraintes normatives de la culture occidentale.

 

sublime double autoportrait de Claude Cahun (LucySchwob) et de Marcelle Moore ( Suzanne Malherbe). Croisement des regards, miroirs en angle, jeux de graphisme ; la phootographie comme moyen d'exploration des apparences, des doubles et rflets. La qu^te d'identité est un thème récurrent au début du 20eme siècle.

sublime double autoportrait de Claude Cahun (LucySchwob) et de Marcelle Moore ( Suzanne Malherbe). Croisement des regards, miroirs en angle, jeux de graphisme ; la phootographie comme moyen d’exploration des apparences, des doubles et rflets. La qu^te d’identité est un thème récurrent au début du 20eme siècle.

utoportrait de Marianne Brandt, plasticienne et designer du Bauhaus ; ici le photomontage ironise sur les univers masculins dominant le début du siècle.

Autoportrait de Marianne Brandt, plasticienne et designer du Bauhaus ; ici le photomontage ironise sur les univers masculins dominant le début du siècle. Cependant, la plupart des artistes des « avant gardes » seront créatrices dans des domaines variés et s’écartent assez naturellement du face à face avec soi!

Olga Rozanova ( 1886-1918)l'une des très nombreuses artistes constructiviste russe. Génération influente sur toute l'avant garde ( Triolet-Gala-Sonia Delaunay par ex.)

Olga Rozanova ( 1886-1918) l’une des très nombreuses artistes constructivistes russes. Grande audace – voir plus loin-Génération influente sur toute l’avant garde ( Triolet-Gala-Sonia Delaunay par ex.)

Meret Oppenheim, artiste surréaliste, au delà des apparences

Meret Oppenheim ( 1913-1985) , artiste surréaliste, au delà des apparences

Je fameux autoportrait de Frida Kahlo à la colonne brisée ; l'une des femmes artistes connue, sans doute hélas du fait de l'aspect dramatique de sa vie plus que de son art.

Le fameux autoportrait de Frida Kahlo  ( 1944) à la colonne brisée ; l’une des femmes artistes connue, sans doute hélas du fait de l’aspect dramatique de sa vie plus que de son art.

Louise Bourgeois, "into me", autoportrait en femme enceinte ; dévoilement et face cachée. Puissance et présence.

Louise Bourgeois, « into me », autoportrait en femme enceinte ; dévoilement et face cachée. Puissance et présence.

Yayoi Kusame, au coeur de toutes ses oeuvres, il n'y a pas de frontières entre sa personne et son monde transformé.

Yayoi Kusama, au cœur de toutes ses œuvres, il n’y a pas de frontières entre sa personne et son monde transformé.

Le poids croissant des images et photos mêlés entre onformation, publicité, documentaires, brouille la sensibilité aux images ; MarinaAbramovicquestionnebrutalement ce rapport aux images en se mettant en scène systématiquement dans des situations critiques.

Le poids croissant des images et photos mêlés entre information, publicité, documentaires, brouille la sensibilité aux images ; Marina Abramovic questionne brutalement ce rapport aux images en se mettant en scène systématiquement dans des situations critiques. ( ici années 90′ environ)

Orlan, l'une des plus célèbres artistes contemporaines, s'expose comme coeur et support de son oeuvre, interrogeant systématiquement les codes et critères esthétiques relatifs. Ici, posant devant ses "self hybridations" ( années 2000)

Orlan, l’une des plus célèbres artistes contemporaines, s’expose comme coeur et support de son oeuvre, interrogeant systématiquement les codes et critères esthétiques relatifs. Ici, posant devant ses « self hybridations » ( années 2000)

visage tuméfié de Nan Goldin, autoportrait cru, fidèle à l'art photographique de l'artiste qui colle à ses proches/sujets et traite la violence avec une sophistication technique et virtuose délibérément cathartique. ( 1984)

visage tuméfié de Nan Goldin, autoportrait cru, fidèle à l’art photographique de l’artiste qui colle à ses proches/sujets et traite la violence avec une sophistication technique et virtuose délibérément cathartique. ( 1984)

 

les autoportraits souvent grotesques de Cindy Sherman, jouent de l'autofiction et visitent tous les genres dans un tourbillon d'identités contemporaines et de modèles insupportables. Sherman capte ici les stéréotypes, nonseulement de comportement mais aussi et de façon très picturale, les stéréotypes de représentation par les couleurs, éclairages et postures.

les autoportraits souvent grotesques de Cindy Sherman, jouent de l’autofiction et visitent tous les genres dans un tourbillon d’identités contemporaines et de modèles insupportables. Sherman capte ici les stéréotypes, non seulement de comportement mais aussi et de façon très picturale, les stéréotypes de représentation par les couleurs, éclairages et postures.

le portrait, De l’autoportrait au portrait il n’y a qu’un pas et c’est le genre de sujet fréquent, car reposant sur la connaissance, la confiance ( amis, proches, conjoints, enfants) et ne bousculant pas les statuts. les portraits, hormis les portraits officiels, constituent donc encore un genre proportionnellement  important.

Les natures mortes et les scènes de genre, apparaissant au 17e siècle, avec une clientèle bourgeoise, variée écartée des pouvoirs religieux sont encore du registre de l’intime, de l’objet, de l’intérieur, du boudoir, du salon, de la cuisine….les artistes hommes ayant traité abondamment les scènes de genres et les natures mortes, sont aussi ceux qui ont traités de manière subtile des univers féminins, tel Vermeer et Chardin par exemple. Il est logique que les artistes femmes se soient retrouvées dans ces registres qui leur étaient connus.

certaines scènes mythologiques et bibliques, sont reprises de manière intéressantes, par des artsites femmes qui en profitent pour régler leur compte à des comportements masculins odieux et lle nombre de « Judith et Holopherne » de  » Salomé » est notable ; de même, les figures de Madeleine, les scènes avec Marthe et Marie seront l’occasion d’aborder la question de la séduction et des sentiments et de l’abandon.

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Lavinia Fontana, 17e, Judith et Holopherne. Le 17e siècle voit émerger un assez grand nombre de femmes artistes, relativement reconnues de leur vivant ; mais il s’agit de la période dite maniériste, où la peinture, comme art libéral et intellectuel est reléguée au spectaculaire et à l’irrationnel…Sans doute, dans un domaine déprécié, certaines « élites » masculines, religieuses, se désintéressaient des enjeux picturaux, hormis dans la bataille contre l’iconoclasme protestant.

 

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Extraordinaire composition, d’une violence résolue ; ici Artemisia Gentilleschi va trouver une obscure légende, de Jaël et Sisera, pour traduire son désir légitime de vengeance, suite aux agressions dont elle fut victime.

 

Artemisia Gentilleschi encore qui se présente, jetant allègrement un homme dans un puits!! légende difficile à retrouver...Mais visiblement Artemisia dépouille les archives et bibliothèques pour déceler ces thèmes vengeurs.

Artemisia Gentilleschi encore qui se présente, jetant allègrement un homme dans un puits!! légende difficile à retrouver…Mais visiblement Artemisia dépouille les archives et bibliothèques pour déceler ces thèmes vengeurs.

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Fede Galizia, 1600.

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Elisabetta Siriani, Madeleine ( 1660) : identification au sujet.

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elisabetta-sirani-1638-1667-marthe-et-marie ; étrange composition, avec une figure au premier plan, comparable à un autoportrait, dans une attitude de scarification et d’exhibition mélancolique.

On trouve aussi les thèmes d’Arachné et ce jusque chez Louise Bourgeois..

Nature, instant, intimité...l’univers, souvent confiné et contraint des intérieurs, de la maison, du jardin, de l’enfance est un univers traditionnellement associé aux femmes. Dans un monde galopant vers le bruit et la fureur de la modernisation industrielle et capitaliste, patronné par un patriarcat austère, cet univers et cet espace plutôt féminin, devient un recours. On voit ainsi, les artistes impressionnistes se tourner vers ces sujets et redécouvrir des univers féminins variés, loin des stéréotypes académiques. Gauguin, Degas, Toulouse Lautrec, et avant, Courbet et Manet orientent leurs regards vers de nouveaux lieux et des corps plus vrais. Il n’est pas étonnant que ce soit dans ce courant artistique que de nombreuses femmes artistes trouvent enfin un echo à leur puissance artistique.

dessins de Sofonissba Anguissola..Vieille femme apprenant à lire dans la joie.

dessins de Sofonissba Anguissola..Vieille femme apprenant à lire dans la joie.

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Enfant pincé par une écrevisse…Ce dessin exceptionnel d’ Anguissola, fut envoyé à MichelAnge par le père de Sofonissba, afin de lui demander conseil et protection pour sa fille..!!

Lavinia Fontana, 16e.Minerve. Sous le prétexte mythologique, une scène d'intimité.

Lavinia Fontana, 16e.Minerve. Sous le prétexte mythologique, une scène d’intimité.

Les natures mortes sont des sujets assez prisés car destinés à des particuliers et considérées comme des peintures mneures. Anne Valayer Coster ( ici en 1810) est l'une des plus prestigieuses auteure dans ce genre .;

Les natures mortes sont des sujets assez prisés car destinés à des particuliers et considérées comme des peintures mneures. Anne Valayer Coster ( ici en 1810) est l’une des plus prestigieuses auteure dans ce genre .;

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Etrange peinture ( 1811) de Marie Quivoron-Bracquemond, pionnière de l’impressionnisme, avec une mise en abyme…Univers clos mais amplifié et démultiplié par les reflets.

Homme dehors avec le journal, femme avec des romans en intérieur, rêveuse..2 mondes. Gambogi est une peintre finlandaise emblématique de ces thèmes.

Homme dehors avec le journal, femme avec des romans en intérieur, rêveuse..2 mondes. Gambogi est une peintre finlandaise emblématique de ces thèmes.

ag Eva Gonzalès (French artist, 1849–1883) La fenetre

Eva Gonzales ( 1849-1883) et le thème du jardin, des enfants, sujets précurseurs de l’impressionisme

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Cassatt Mary (1844-1926), la tapisserie, 1881

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Cassatt Mary, 1879

2 oeuvres de Mary Cassatt, fin 19e. L’instant saisi est traduit de façon virtuose par une touche fractionnée.

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Gambogi, 1861

Berthe Morisot, les blanchisseuses

Morisot, les blanchisseuses

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Helen Allingham

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Harriet Backer ( 1845-1932)

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Harriet Backer, peinture de 1886

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Gambogi, 1896

Le sujet du linge blanc en extérieur est étonnamment largement abordé. Surface pure, métaphore de la toile, division de la lumière..La question du blanc, abordée aussi par Manet, Monet, Sorolla aussi, est un enjeu essentiel pour varier la couleur pure ; question cruciale de l’impressionnisme.

Linge séchant au sol de Hélène Schjerfbeck, la virtuose.

Linge séchant au sol de Hélène Schjerfbeck, la virtuose.

Collage précurseur de Hannah Höch, dont le titre " coupé au couteau de cuisine", exprime clairement le contexte de l'intime et d'une certaine rage positive. Höch, Figure essentielle du dadaïsme.

Collage précurseur de Hannah Höch, dont le titre  » coupé au couteau de cuisine », exprime clairement le contexte de l’intime et d’une certaine rage positive. Höch, Figure essentielle du dadaïsme.

textiles, costumes…décoration, mobilier domaines traditionnellement associés à l’intime et au féminin. Depuis la Restauration royaliste et bourbonienne, depuis l’instauration d’un régime patriarcal caricatural autour de Louis Philippe puis Napoléon III, le vêtement masculin est devenu noir, austère, rigide et standardisé. Les mâles dominants s’occupent des affaires importantes ( !!) de l’économie, du colonialisme, des sciences, de l’industrialisation, de la domination ( voir dans Lucien Leuwen, de Stendhal, les considérations policières manifestes des gouvernants) et délèguent sans problème, ce qui est de l’ordre du corps, de l’intime, de la sensualité, de la maison, de la décoration, aux femmes…Il s’ensuit assez logiquement que certaines femmes artistes investissent progressivement ces domaines, ces champs laissés en friche, pour inventer autour de ces réalités et matériaux. Le courant dadaïste, ainsi que la plupart des avant-gardes du début du 20e siècle ( constructivistes, Bauhaus) voient de nombreuses femmes investir de manière libre et inventive ces secteurs de la création. C’est en quelque sorte l’émergence des arts appliqués et le décloisonnement entre les catégories traditionnelles. Marianne Brandt, Lavinia Shultz, Sonia Delaunay, Lioubov Popova, Varvara Stepanova, Alexandra Exter, Olga Rozanova, Charlotte Perriand bien sûr, et on en redécouvre presque toutes les semaines.

Anguissola, attention remarquable pour la texture du vêtement de son modèle : Bianca Ponzoni.

Anguissola, attention remarquable pour la texture du vêtement de son modèle : Bianca Ponzoni.

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Biographie/corps/organique

Une des manières incontestables de s’imposer, a pu être de parler de soi. Parmi les femmes pionnières en ce genre, Louise Bourgeois et Nikki de Saint Phalle ont été remarquables. Imposant leur univers, loins des fantasmes ou des visions sur une identité féminine, elles ont produit des oeuvres variées, autour de leur biographie. Les inventions formelles manifestes ( comme les tirs de N.De S. Phalle) étaient d’autant plus incontestables qu’elles produisaient un sens cohérent avec la violence libératrice dont l’artiste se réclamait. Chez Louise Bourgeois, le thème du tissage, de l’araignée, est également cohérent avec sa biographie et les métiers de sa famille, auxquels elles était destinée. De même, le vécu Yougoslave-Balkanique de Marina Abramovic,la mène à oser des mises en danger de son corps, qui de manière sacrificielle exprime les déchirements de la société dont elle est issue.

AU delà de la biographie, de nombreuses femmes artistes, explorent la question du corps,du sang, de l’apparence, des stéréotypes, de la souffrance, avec recul et radicalité ; venant d’un point de vue minoré, plutôt dominé ( de par les traditions patriarcales), ces approches de corps et de la violence, ne sont pas suspectes d’exprimer le point de vue des bourreaux ou des dominants , ni d’être des postures voyeuristes.

La mise en danger réelle des corps, de Gina Pane, Marina A, Orlan ne relève pas du spectacle. Il y a une dimension incontestablement sacrée et ritualisée, autour de cérémonies. L’intimité avec le corps, la chair, la souffrance physique et les transformations du corps, se retrouve aussi sur les expériences autobiographiques de Hannah Wilke, qui travaille sur une introspection sans concession, jusqu’à son traitement anticancéreux et sa fin prévue.

Sophie Calle, travaille avec constance sur la biographie, les frontières entre les sphères privées et publiques comme sur le voyeurisme ou plus justement le regard de l’autre, des autres. Interroger la façon dont on est vu ou vue ; dont on voit…Quelle part préserver. Réintroduire la narration dans les oeuvres « plastiques ».

Voir autrement, sans exhibitionisme, ni voyeurisme, est peut être ce qui caractérise, les photographies de Diane ARbus, qui peut montrer des personnages fragiles et décalés, avec compassion, complicité et empathie, sans tomber dans la vulgarité et le monstrueux ; cette intimité entre l’artiste et ses modèles se retrouve dns l’oeuvre photographique de Nan Goldin, qui peuvre en équilibriste au milieu de ses proches marginaux et abîmés, comme elle.

Les questionnements sur le corps social, les stéréotypes se retrouvent également dan sles photographies et les mises en scènes de Cindy Sherman, qui explore tous les fantasmes autour des rôles féminins, présentant une sorte de catalogue de clichés, jusqu’au débordement vers les univers monstrueux de sorcières et de harpies.

Le dialogue avec la folie, avait été abordé par les sculptures de Louise Bourgeois autour du thème de l’arc hystérique, on le retrouve dans les pratiques répétitives, Nikki de Saint Phalle est passée par la case H.P, ainsi que cette artiste mêlant également vie privée, intimité et création artistique, Yayoi Kusama, qui de manière continue et obstinée, depuis sa jeunesse jusqu’à aujourd’hui, développe au risque de sa sociabilité, une obsession pathologique pour la dispersion et les points. Travaillant sur la mise en jeu de son corps, dispersé et submergé, prolongé par des textures, des volumes souples unifiés par des points et des signes.

Les vidéos exceptionnelles de Pipilotti Rist, sont d’une force et d’une clarté remarquable quant aux stéréotypes, à l’apparence et à la difficulté s’habiter un corps attendu en permanence au tournant de la norme. Pipilotti Rist, montre une intelligence critique extraordinaire sur ce que sont les images videos, l’écran, la boîte noire ( camera obscura), l’enfermement, l’exhibition, la dimension spéculaire ( miroir) des autofilmages ( tendance exponentielle aux selfys!!), les distorsions et brouillages des images et filmes numériques aux qualités médiocres etc..La mise en scène de sa personne n’est pas éloignée de figures de folie et d’enfermement là encore.

Espaces sensibles

A la façon de Kusama, une tendance, non spécifiquement féminine, mais notablement explorée par des artistes femmes est de varier autour de cette façon de rendre sensible l’espace tridimensionnel et de travailler à la fragilité des matériaux. Annette Messager, avec ses chimères, ses oiseaux morts, ses photos suspendues, ses sculptures molles de vêtements est une des pionnières de ce type d’installations. Puis Lisa Lou, Joanna Vasconcelos par exemple Sarah Sze, entre autres continuent la mise en scène de lieux rendus fragiles . Cette pratique artistique n’est plus une spécificité féminine, Giuseppe Penone, Agostino Neto par exemple ou Anish Kapoor, ont aussi à leur manière exploré l’intérêt de ce champ de création.

Messages

Il y  2 artistes notables dans ce domaine, qui font du langage et de la prise de parole publique une activité artistique et spécifiquement féministe, comme Barbara Kruger et Jenny Holzer. Le langage, la parole publique sont réinvestis de façon monumentale, détournant qui les titres tapageurs des presses à scandales, sexistes et conservateurs, qui les panneaux et signalétiques lumineuses, pour en faire des supports, à la fois visuels et soignés, par les couleurs, les dispositions spatiales, de messages aux contenus philosophiques et politiques. Raviver la parole, investir l’espace réel.

Conclusion

Depuis les années 70, de nombreuses femmes artistes se sont réaproprié des territoires. Pour imposer des oeuvres incontestables dans un premier temps, puis développant des thématiques propres, pour explorer comme tout autre artiste des univers contemporains. On peut enfin dire à présent, qu’il n’y a quasiment plus de spécifité « genrée » dans les arts plastiques. En rétablissant la question du sujet, des contenus et de la sensibilité, certaines artistes femmes ont réouvert un domaine d’expression qui tendait à la sclérose formaliste et au discours .

Des expositions comme « Elles » au centre Pompidou, la création d’un musée des artistes femmes à Washington ainsi que la création de nombreux sites autour de femmes artistes permet de reconstruire l’histoire et de réhabiliter des artistes oubliées. Il y aeu également à Florence voici quelques mois, une exposition sur les femmes et les autoportraits.

A propos Olivier Jullien

Intervenant dans le domaine des arts plastiques, comme enseignant, praticien ( peintures-graphismes) et conférencier.
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3 commentaires pour Femmes, artistes….. l’ardoise magique, histoires d’effacements

  1. culturieuse dit :

    Merci pour cette rétrospective simple et riche des artistes femmes. Un plaisir de vous lire.

    • La Croisure dit :

      Constatant l’effacement de “mes aînées”, ces femmes artistes qui ont fait La Nouvelle Tapisserie entre la fin des années 60 et le début des années 80, j’ai cherché et trouvé des réponses dans quelques rares ouvrages:
      – “Les Femmes Artistes dans les avant-gardes” de Marie-Jo Bonnet (Odile Jacob, 2006),
      – “Genre, féminisme et valeur de l’art” Cahiers du Genre, n°43 (L’Harmattan, 2007),
      – “Les pratiques artistiques au prisme des stéréotypes de genre” Revue Opus 17 – Sociologie de l’Art (L’Harmattan, 2011),
      – “La reconnaissance artistique à l’épreuve des stéréotypes de genre” Revue Opus 18 – Sociologie de l’Art (L’Harmattan, 2011).

      Cordialement.

      • La Croisure dit :

        Avant de poursuivre la lecture du dernier roman de Siri Hustvedt: « Un monde flamboyant », Actes Sud, septembre 2014 (« The Blazing World », Simon & Schuster, march 2014), je veux vous faire part de mon enthousiasme car je pense que le rapprochement avec « votre ardoise magique » est pertinent.

        Cordialement.

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