DUCHAMP points….lignes, plans, gaz

Duchamp-points,
lignes, plans…gaz

Duchamp à travers le Verre brisé

ou,

Duchamp plasticien

ou

Marcel mis à nu par Duchamp même…..

Cet article est nouveau; il sera très bientôt amélioré par des reproductions éclairant les propos ; il est toutefois possible de se référer à l’article sur Duchamp et Vinci, sur ce même site.

 J’ai écrit l’article ci dessous avant de découvrir soudainement et sans recherche, le plus étonnant des jeux de mots de M.D. On pourra relire le texte avec cet éclairage, qui ne fait que confirmer les grandes lignes déjà explicitées.  Avant toute chose et toute interprétation, je crois nécessaire de souligner l’une des inversions les plus éclairante et pourtant passée inaperçue  concernant Marcel Duchamp ; on sait qu’il fit de son nom et prénom de nombreux jeux de mots : Mar( iée) Cel ( ibataire) ; Marcel Duchamp=Marchand de sel ; Duchamp Du signe ( du chant du Cygne) …ces jeux de langages sont explorés à fond lors du colloque de Cerisy en 1977.

De façon générale, à propos de Duchamp, on peut dire que Jean Clair a exploré de manière rigoureuse et presque exhaustive les pistes de lectures. On peut conseiller son livre « Sur Marcel Duchamp et la fin de l’art », éd Gallimard, 2005.

Mais la contrepèterie la plus éclairante, est relative au terme célibataire…Dans les entretiens avec Cabanne, M.D rappelle qu’on l’appelait le Célibataire…Dans ses titres cela revient toujours : machines Cél…..la mariée mise à nu par ses Célib….etc..

L’air apparaît souvent : pistons de courants d’air, air de Paris, Apollin’air…..La complicité d’ Apollinaire et de Duchamp est connue et les textes érotiques du poète sont d’une audace nouvelle ; que ce soit les « onze mille verges » ou les « lettres à Madeleine ». Duchamp revendique clairement l’érotisme comme un nouvel « isme » ; ce serait une erreur que de l’ignorer.

C’est bête à lire!!!!

Mais ce que je pense pouvoir  affirmer ici est que CELIBATAIRE est l’inversion de CES BITES A l’AIR, mais oui, c’est bête à lire!! Et pour Duchamp, taire c’est habile. En effet on sait combien il reste muet sur ses œuvres.

On retrouve cette interprétation dans l’ouvrage de Jean Tristan Richard, p.89 ( Marcel Duchamp, mis à nu par la psychanalyse, même: Une psychobiographie- ed. l’ Harmattan- 2010) . On peut rappeler que Duchamp  Marcel Duchamp, réalise « Contrepèterie Record » en 1968 : Disque en vinyle, support papier. Édition à 2000 exemplaires. Enregistrement de 7 minutes de l’artiste, qui joue avec le mot « contrepèterie ». Sur le vinyl, une variation sur les « esquivons les ecchymoses des esquimaux aux mots exquis »….Je propose en fin d’article certaines contrepèteries sur les titres de Duchamp.

Revus par cette inversion, nombre de ready-mades sont encore plus explicites, comme le porte bouteille et l’urinoir, ou a pole in air, ou pliant de voyage etc….On verra ci dessous combien ceci est cohérent. Néanmoins cet éclairage, on peut aussi voir M.D comme suit :

Marcel Duchamp, PLASTICIEN

Duchamp passe souvent pour être un artiste conceptuel qui se serait éloigné radicalement de la réalité plastique et/ou picturale ; il semble pourtant  évident qu’il est demeuré un praticien des formes, matières, signes, textures et même couleurs jusque dans ses productions les plus récentes ; il apporte un soin extrême aux qualités spécifique des matériaux ; il n’y a qu’à lire ses notes sur les couleurs, allant jusqu’à inventer un terme spécifique pour des couleurs « natives », qui ne seraient pas des représentations, mais des présences ; il utilise ainsi des matériaux connotés : plomb, cuir, poussière, chocolat etc…Il se montre d’une rigueur extrême pour  les  opérations nécessaires aux réalisations de ses pièces ; par ailleurs, il n’a jamais renié ni abandonné ses premières peintures que l’on retrouve dans ses boîtes en valise ;

La boîte verte, anticipant les boîtes valises.

La boîte verte, anticipant les boîtes valises.

il a multiplié les possibilités de faire du sens avec des matériaux et objets divers, mais en sachant les voir justement comme des objets avec des qualités plastiques spécifiques.

Dans ses musées portables, Duchamp est explicite quant à son rapport à toutes les pratiques d'expression plastiques.

Duchamp-point, Duchamp pion

La théorie explicite de Duchamp sur les dimensions est connue et peut être rappelée : un point, dimension 0( D), est la projection d’une ligne sur un plan ; une ligne, dimension 1 est la projection d’un plan(D+2) sur un plan, de même, un plan ( dimension 2) est la projection d’un volume sur un plan.Il couvre des pages complexes de recherches dans ce domaine,avec nombre de croquis essayant de représenter ce qui échappe justement à une représentation bidimensionnelle.
Il a donc clairement une vision de ces constituants picturaux et physiques ; il fait même de la représentation en volume, la projection théorique d’une 4ème dimension,comme dans le grand verre par exemple. Jean Clair montre bien le rapport précis et l’influence des mathématiciens comme Bragdon ( A primer of Higher space- 1912) sur M.D.
La transparence permet de décontexter les formes représentées très rigoureusement en perspective conique ; on peut alors les imaginer comme des volumes projetés de réalités plus complexes, plus vastes, infinies ( voir le long texte et les croquis qu’il réalise, dans son livre « Duchamp du signe »). Inscrites dans le temps ou une autre perception ( comme de saisir un canif dans sa main….).

cette photo de Marcel Duchamp, faite pour la galerie Arcane, est un véritable programme, avec transparence-vitrine, bouteilles, regardeur( André Breton), mariée mise à nu, etc....

cette photo de Marcel Duchamp, faite pour la galerie Arcane, est un véritable programme, avec transparence-vitrine, bouteilles, regardeur( André Breton), mariée mise à nu, etc….presque un équivalent photographique de la boîte en valise..Vitrine surface de projection…

C’est clairement le cas de quasiment toutes ses peintures, comme la vierge, la mariée, le roi et la reine, le passage de la vierge à la mariée, le jeune homme triste dans un train et les 2 versions du Nu descendant un escalier.

On peut aussi considérer ses sculptures Ready Mades plus ou moins aidés comme des images de réalités quadridimensionelles.
Il opère de même avec le texte et le langage, du point au mot au texte jusqu’à la dispersion infinie du langage, par lacunes, inversions, contrepèteries, homophonie, croisement de langues et textes sans sens..La dispersion comme expression d’une méta réalité.

Là aussi du point à la ligne jusqu’à la dispersion. Cet éclatement du langage est évidemment une manière de SORTIR du carcan ; Duchamp adhère d’ailleurs à l’ OULIPO. Le contenu de « Duchamp du Signe » est par moment digne de l’Alamanach Vermot.  Son rapport à l’écrit est constant et revendiqué jusque dans l’importance du titre, couleur supplémentaire!

Duchamp joue encore sur le rapport entre détermination originelle et dispersion avec la question du hasard. Une réalité déterminée peut rejoindre l’infini des possibles grâce au hasard ; par exemple les mètres étalons, les pistons de courants d’air. Le jeu d’échec est aussi une détermination simple et des possibilités infinies.

La dispersion constitue semble – il,  chez Duchamp, le champ.
Le champ, c’est à dire le champ sémantique, le champ de faits, le champ des phénomènes.
Dans ce nuage dispersé d’éléments, un objet, une forme, un mot, est polarisé, exactement comme un objet métallique est orienté ( prend un sens) dans un champ magnétique.
Duchamp est ami de Breton, les champs magnétiques et le hasard font partie de leurs outils théoriques.
Pour réussir à orienter les œuvres de Duchamp, il faut les bombarder littéralement de faits, corrélations et notions ; il faut donc constituer un nuage de faits associés ; c’est dans ce champ que les œuvres prennent signification.
Page 48 de Duchamp du signe,(édition Champs-Flammarion, 1975-réed 1994) il écrit clairement qu’il s’agit de constituer un langage ! !

La question du Champ, du Templum est d’ailleurs posée dans les titres : ETANT DONNE ; en effet, il s’agit bien là de marquer une polarité : 1) la chute d’eau 2) le gaz d’éclairage…D’ailleurs, l’installation de ETANT DONNE, est posée au dessus d’un échiquier invisible ; l’échiquier est par définition un « champ », un « templum », une polarisation ( noir-blanc/ joueur1-joueur2/gauche-droite). Idem, LA chute d’eau-LE gaz d’éclairage/ descendre-monter ( eau et gaz à tous les étages).
Duchamp n’est pas un intoxiqué du ready made ; il est resté ami pendant toute sa vie avec de nombreux peintres et sculpteurs. La question est de faire sens, ce qu’il reproche à la peinture, de n’être qu’un moyen, il ne l’appliquera jamais à sa pratique ; il y a toujours l’idée de la cosa mentale…

Je propose ci-dessous des approches progressives et transversales, utilisant une méthode réévaluée de celle que je propose avec Percepts/Concepts/Affects/Références.
On utilisera encore ces 4 entrées, mais à la manière justement de nuages, de champ, d’entrées et de polarisation ; en y plaçant les pièces de Duchamp, elles s’orientent vers des sens possibles .

POINTS

Point de ponctuation.


C’est sans doute le premier signe clair envoyé par Duchamp, dans L.H.O.O.Q et dans de nombreux jeux de mots. Célibataire = ces b….à l’air.

Le point provoque une autre lecture, un double sens. Dans la définition de à bruit secret. (P.G .ECIDES DEBARRASSE. LE. D.SERT. F.URNIS.ENT .AS HOW.V.R COR.ESPONDS) les points suggèrent des voyelles ou lettres manquantes qui ne semblent pas faire sens ; le secret est préservé par le langage lacunaire ; sur l’autre face le même système de ponctuation lacunaire : .IR. CAR.E LONGSEA F.NE, HEA., .OSQUE .TE.U S.ARP BAR.AINle texte gravé est amputé de lettres, remplacées par des points ; déconstruction ; dérapage des sens.

dans A bruit secret, Duchamp grave un texte abscons, anglais et français, troué de points en place de lettres; déconstruisant tout sens.

Dans son texte THE, publié en 1915 à NYC , Duchamp remplace l’article THE par une étoile, à 13 reprises, visant à déconstruire toute syntaxe et surtout tout sens. On retrouve ces 13 étoiles dans le portrait de Georges Washington….obscure voie lactée…

Le point de R.Mutt (Fontaine) est aussi le point qui permet l’inversion en ( Mutt.R = mutter=mère).

Le point est une pause, désigne aussi un manque ; la disparition de lettres, jeu que l’on retrouve par exemple dans 2 oeuvres, comme Fresh Widow où il manque deux N, qui feraient french window) et dans apolinère enameled où avec deux i, on peut faire Apollinaire Madeleine!!!Le point comme pause ou comme manque.

Point physique.

Pour Duchamp, la question du CONTACT est souvent cruciale ; car c’est le moment d’une révélation, d’un acte.

Le point de contact est une question clef ; par exemple dans le Buisson, la main de la femme mûre posée sur la jeune fille est le nœud de la question, comme un adoubement et un point de passage, from virgin to bride !

Duchamp, ici dans "le buisson" - qui sera le nuage ou la voie lactée, adoubement de la vierge par la mariée, par contact.Ici, le Buisson, où il y a adoubement de la » vierge pâle » par la mariée par contact ; le buisson sera l’origine du nuage et de la voie lactée. Une première version de cette oeuvre ayant d’ailleurs pour titre : le BAPTEME!!!!

Le Baptême, Marcel Duchamp ; une version explicite de la notion d'initiation, que relève justement Jean Clair. Ici encore, le contact de la main sur la tête estretenu.Le Baptême, Marcel Duchamp ; une version explicite de la notion d’initiation, que relève justement Jean Clair. Ici encore, le contact de la main sur la tête est retenu.


Sur le ready made roue de bicyclette, la fourche tient sur le cercle du tabouret par un point, cette fourche tient elle même la roue en son centre, par un point de contact physique. Forme solaire et mobile, ronde sur un socle orthogonal et terrestre ; une version prémonitoire des deux domaines, celui des célibataires et celui de la mariée.

la roue comme figure solaire ou optique, iris et pupille....les points de contacts ; le passage du tabouret horizontal au centre vertical et aérien des rayons par l'intermédiaire de 2 points.....toute une logique, un champ sémantique.

la roue comme figure solaire ou optique, iris et pupille….les points de contacts ; le passage du tabouret horizontal au centre vertical et aérien des rayons par l’intermédiaire de 2 points…..toute une logique, un champ sémantique.Le noir et le blanc, comme aux échecs..
Sur la couverture de la Boîte verte, texte, trous, points, surfaces et lignes sont en évidence ; au revers, une grande lettre M, inversée pour Mariée et Marcel.

Sur la couverture de la Boîte verte, texte, trous, points, surfaces et lignes sont en évidence ; au revers, une grande lettre M, inversée pour Mariée et Marcel.

l'envers de la couverture, avec le grand M.

l’envers de la couverture, avec le grand M. de Marcel/mariée, où l’on voit de l’intérieur, comme dans le travestissement de Rrose Sélavy, où Duchamp, au delà du masque féminin nous regarde, lui homme le regardant femme. Cette idée de regarder à travers un tamis, un filtre, est ici matérialisée une fois de plus.

Le point comme centre est une réalité plastique que Duchamp développe de nombreuses fois, jusque dans ses rotoreliefs bien entendu.

ces disques et rotoreliefs de Duchamp, rapellent les témoins oculistes et la puissance hypnotique du regard concentré...dans tous les sens du terme, sur son objet/désir.

ces disques et rotoreliefs de Duchamp, rappellent les témoins oculistes et la puissance hypnotique du regard concentré…dans tous les sens du terme, sur son objet/désir.Disposition intéressante, on retrouve ces 7 cercles dans le moulage du bouche-evier reproduit ci-dessous.

Le point central est ce qui permet la rotation de toutes les machines célibataires, qui tournent en rond ( broyeuse, ronde des uniformes, roue de moulin…).
Les dessins de ces rotations sont obsédants ; mais ce point de rotation permet justement aux objets de changer de dimension par le mouvement.

Les plans très précis du grand verre, montrent à quel point (!) Duchamp est rigoureux dans sa desription de l'espace représenté. Les repères physiques sont incontournables.les plans du Grand verre, sont d’une précision géométrique absolue, dans laquelle les points sont cruciaux.


Le porte –bouteilles repose sur le principe d’une multitude de tiges fixées en un point sur la structure assimilable à un modèle de couture, suggérant la robe de la mariée, touchée donc par une multitude de segments en autant de points. Entourée des tiges qui sont autant de b…. à l’air!!!!
Dans le grand verre les points des 9 coups tirés, sont obtenus par tirs individuels au petit  canon à ressort ( encore un objet phallique trouvé par M.D) ; assimilés à éjaculation. Ces points de projection sont bien évidemment les marques de projection et de contact.

le dessin des 9 coups tirés, dont un seul pénètre le nuage/voie lactée...

le dessin des 9 coups tirés, dont un seul pénètre le buisson/nuage/voie lactée/voile acté…On verra plus loin, la récurrence des 9 points, y compris chez Apollinaire et les 9 portes du corps de Madeleine….

Les 9 moules mâlics, sont suspendus par points et fils, les principes de suspension, de rotation, de moyeux, sont récurrents dans toutes les mécaniques. Principe actif chez Duchamp.

une oeuvre de Duchamp est intitulée : tiré à 4 épingles….il y a là une dimension clairement physique du point ; de même, le nuage de la mariée, est fixé dans le grand verre par 4 crochets.

Les points de contact se matérialisent aussi dans le ready made clairement érotique des portes manteaux ou porte chapeaux aux formes phalliques, qui évoquent le fameux objet dard ..Encore les « célibataires »!!!!!ainsi dressées b…. à l’air.

formes phalliques explicites, trouées aussi.

formes phalliques explicites, trouées aussi, par 9 orifices…encore

formes proche et toujours la multiplicité des formes phalliques en ronde.

formes proche et toujours la multiplicité des formes phalliques en ronde autour d’un noyau central. Principe en oeuvre dans le ready made : porte bouteilles.

Dans son double moulage étrange bouche évier…bouche pour boucher, mais aussi  bouche pour échanger ( parole, air etc..)quant à  l’évier, il  n’est pas loin de la fontaine/urinoir.

Marcel Duchamp, les deux faces du bouche-évier, 1964

Marcel Duchamp, les deux faces du bouche-évier, 1964. le bouche évier bouche le point/trou de l’échange intérieur/extérieur ; c’est une variante tardive de l’urinoir/fontaine inversé-renversé. Ontrouve là encore le principe du positif-négatif par le moulage et le contre-moule!!

On retrouve encore, par ces moulages, le principe d’inversion qu’il y a encore dans feuille de vigne femelle, objet dard etc..

version directe du point de contact par cette empreinte de sexe.

version directe du point de contact par cette empreinte de sexe

Baroness Elsa von Freytag Loringhoven

Il est un personnage important et longtemps oublié par les textes, jamais cité par Duchamp semble t-il et pourtant essentiel ; il s’agit de l’artiste sculptrice Elsa von Freytag-Leringhoven originaire d’ Europe centrale, née en 1872, elle a déjà une expérience artistique variée quand elle arrive aux USA( amie de Djuna Barnes). Veuve d’un « baron », elle est sans doute le modèle de la Fresh Widow ; de la Gioconda en noir ; de la veuve joyeuse et désirante. Connue pour ses  Ses performances publiques ( crâne rasé faisant des « baisers d’artistes » dans New York- épilation-performance avec Man Ray) elle est aussi poète et participe dès 1915 à des pratiques sculpturales proches des ready-mades de Duchamp. 

voir les extraits du livre : Amelia Jones, Irrational Modernism : A Neurasthenic History of New York Dada, MIT Press, Cambridge,Massachussetts, 2004, 334pp

Sculpture de Elsa V.Freytag, Limbswish....suspension, lignes, mouvement...Sculpture de Elsa V.Freytag, Limbswish ( membre fouettant l'air ? Membres souhaités ?)....suspension, lignes, mouvement...

Sculpture de Elsa V.Freytag, Limbswish ( membre fouettant l’air ? Membres souhaités ?)….suspension, lignes, mouvement…

Cette artiste, figure exceptionnelle  retrouve une notoriété méritée depuis quelques années aux USA.

La baronesse Elsa dans son appartement New Yorkais en 1915...

La baronesse Elsa dans son appartement New Yorkais en 1915…

god-morton-schamberg-baroness-elsa-von-freytag-loringhoven-phil-mus-art

« God » c’est le titre du ready made de Elsa von Freytag-Leringhoven ; on peut rappeler que H.P. Roché ( voir plus loin) ami de Duchamp, Elsa, Ray, Hessel, Grund etc….appelait ainsi son phallus. On peut se référer à l’article Wikipedia sur Roché pour comprendre l’ambiance de l’époque!!Le tuyau ainsi recourbé serait ainsi assez ironique; peu étonnant de la part d’ ElsaV. Freytag.

The risks the Baroness took displaying her body become quite clear in a black-and-white photograph that appears in a letter Man Ray sent to Tristan Tzara in 1921.[8] She appears completely nude, her pubic hair shaved, her labia prominently displayed. Her right arm shoots up from her shoulder and bends at the elbow so her hand hides behind her head. The Baroness’s left arm is posed in the opposite direction; her elbow bends into a sharp angle at the waist. With her left leg thrust to the side and bent at the knee, the Baroness’s body has contorted into a set of triangles that echo the shape of her vagina. To the left of the photograph, Man Ray has written “de l’a”; to the right he has written “merique!” The Baroness appears like a fleshy letter of the alphabet that interrupts and exceeds the word “America.” The image of her body works as a visual passageway for this message between two men. Plastered above the photograph like a tickertape are the letters “MERDELAMERDELAMER- DELAMER,” which concatenates and mocks the words “mère” (mother), “America,” and “merde” (shit), and therefore may suggest the disposability of the postcard or the Baroness herself. It is in the context of this postcard that Jones writes, “[r]ather than representing Dada concepts […] the baroness lived them.”[9]
extrait de l’article : https://jacket2.org/article/readymade-baroness
portriat de Duchamp par la baroness Esavon Freytag ...Duchamp suspendu et aérien fait de fils et ficelles en mouvement..elle avait tout compris!

portrait de Duchamp par la baronesse Elsa von Freytag 1915,…Duchamp suspendu et aérien fait de fils et ficelles en mouvement..elle avait tout compris!

 

Une autre femme originale et audacieuse réunira autour d’elle certains acteurs de ce mouvement artistique :  » Dans la vaste villa Air-Bel qu’il louait dans le quartier de La Pomme, au 63 de l’avenue Jean Lombard, grâce à la générosité de Mary Jayne Gold, une riche héritière mondaine et anticonformiste, on pouvait notamment croiser André Breton, Marcel Duchamp, Wilfredo Lam, André Masson, Max Ernst, Marc Chagall, René Char, Frédéric Delanglade, Oscar Dominguez et… Victor Brauner. »

Points de repère.

Dans tous ses textes, il nomme les points, A,B,C,D ou E etc…ces repères sont tracés sur tous les croquis et servent à se représenter les figures dans l’espace à 1,2, 3 ou n dimensions.

On retrouve cette constellation de points physiques par exemple, numérotés de 1 à 9, dans le réseau de stoppage étalons de 1914. 9 points ; comme des constellations ( la Lyre, de la Couronne, du Dauphin, d’après ÉRATOSTHÈNE DE CYRÈNE.)

le réseau de stoppage et les points de repères constituent une constellation de 9 points quel'on retrouve souvent, y compris dans les 9 coups tirés.la constellation des points de chute et d’inflexion des fils tombés des mètres étalons, au nombre de neuf, sont à rapprocher des constellations de voie lactée, de la dispersion des 9 coups tirés etc.

Il procède de même pour répartir les moules mâlics en représentation en plan ; il trace de façon extrêmement précise la situation de chaque corps du Grand verre.

Le cimetière des uniformes et livrées, qui sera la rondes des 9 moules mâlics est ici structuré et désigné par points précis.le plan du cimetière des uniformes et livrées, préfigure la ronde des 9 moules mâlics ; Duchamp programme leur répartition dans l’espace tridimensionnel avec rigueur et repères ponctuels.

Il théorise avec justesse, la question du point de fuite comme idéal des visées vers l’horizon ; dans les 9 coups tirés, l’idée est qu’il y a un point de départ unique , mais que la dispersion est le fait du hasard et de l’imprécision ; dans l’idéal, ces 9 coups devraient converger vers le point unique ; Duchamp associe dans son texte, le point de fuite ( sur l’horizon) et le point de convergence vers le domaine de la mariée ( voie lactée) ; même processus dans des espaces différents.

Les mouches sur Torture morte, sont aussi vues comme des points , la mouche, est sur le visage, un point, grain de beauté.Ici encore 13 mouches d’après J. Clair ( les 13 ne sont pas visibles).

Les mouches comme points de contact.
Le téton, point central du sein de Prière de toucher, il s’agit bien encore du contact.

Prière de toucher....

Prière de toucher….


Les étoiles du portrait de Georges Washington de 1943, rappellent évidemment le réseau de points constituant les constellations ( 13 étoiles). Mais aussi la voie lactée ( qui est l’autre nom du nuage..)( voile acté ?)

constellation et voile

constellation et voile- Une rotation de 90° vers la gauche révèle la carte des USA ; le catogan de Washington étant la Floride..


La dispersion régulière des points/mouches est essentielle sur les pistons de courants d’air ; ils matérialisent une surface de gaze, traversée et transparente ; sont-ils des traces de projection arrêtée, des points trop gros pour passer les trous du voile ?

01_Marcel_Duchamp_Piston_de_courant_d_air_1914

la photographie des pistons de courants d’air, utilisés par la suite dans le nuage de la voie lactée, met en scène points, trous, passages ; on retrouve l’idée dans les tamis.

Les points physiques sont l’ultime état de la matière, conception atomiste récurrente qui se prolonge logiquement par la fascination pour les gaz, l’infiniment petit, la réduction ultime à une matière volatile sous forme de points microscopiques.
Il y a aussi, de manière discrète et pourtant évidente, les nombreux clous de la porte de étant donné…… parmi ces points, se trouve le point central du dispositif, les petits trous par lequel tout se révèle : le point de vue ; point de vue binoculaire « empêché ».

la porte de étant donné ; parmi les points-clous, le point de vue....

la porte de étant donné ; parmi les points-clous, le point de vue….par deux orifices.

le point de vue.

Le point de vue est mis en scène par les témoins oculistes du Grand Verre.

le point-centre est présent comme origine invisible de ces ellipses.

le point-centre est présent comme origine invisible de ces ellipses.

Le point de vue est le lieu du désir ; la matérialisation du lieu, de ce lieu chemine le désir ( Rrose Sélavy) ; la puissance du regard est aussi mise en évidence dans les portraits-travestis faits par son ami et double Man Ray ; Duchamp, travesti en Eros C’est la Vie, regarde celui qui le regarde par le petit trou de son objectif comme une femme ; il le regarde le regardant comme celui qu’il/elle n’est pas. Est-ce le regardeur qui fait l’identité, comme il le dit du regardeur qui fait l’art ?

Duchamp en Rrose Sélavy, être regardé comme autre que soi, par autrui......

Duchamp en Rrose Sélavy, être regardé comme autre que soi, par autrui……

Le point de vue a son double dans le point de fuite, qui est aussi la projection à l’infini du point de vue ; qui devient point d’origine et point de fuite.

Dans son texte « la route Jura-Paris », relatant la virée faite avec Gabrielle Buffet, Picabia et Apollinaire, Duchamp écrit clairement comment la route converge en un point/trou/infini ; le point de fuite est un point de vue ET un point de passage . On comprend clairement le rôle des mises en scène de ses points de fuites et points de vue…..qui sont aussi des trous..

Le point de fuite est sur le Grand Verre, à la jonction précise des 2 panneaux, le lien entre le domaine féminin et le domaine masculin.

perspective très rigoureuse autour du point central.

perspective très rigoureuse autour du point central.

Dans le Grand verre, les témoins oculistes sont une marque claire de la question de point de vue et de « focus », toutes les figures sont au sens strict concentrées, par principe autour d’un point repère.
Mais le grand principe du Grand Verre est le point de fuite, au centre de l’œuvre, entre le domaine de la mariée et le domaine des célibataires.
Il s’agit donc du point de liaison, point d’origine et lieu idéal inaccessible, évanescent ( vanishing point), thème repris aux structures des peintures chrétiennes de la renaissance.
Cette question du point de vue se retrouve évidemment dans étant donné….. puisque la,  il est matérialisé par un trou dans la porte, les clous et rivets, autres points aveugles ; comme le seul point des 9 coups tirés à pénétrer le nuage de la mariée, de tous les points visibles sur la porte, un seul traverse et permet de voir le sexe comme point de mire. Permet de voir enfin que la mariée est SI BELLE A TERRE……….

le point de vue sur....dans Etant donné, la vue à travers l'orifice dans la vieille porte en bois.

le point de vue sur….dans Etant donné, la vue à travers l’orifice dans la vieille porte en bois et le trou dans un mur de briques.

Point d’origine ; origine du monde, Courbet/Lacan….Duchamp effectue un croquis d’après un nu de Courbet ; la référence est évidente. On peut rappeler que André Masson réalise la peinture destinée à cacher l’origine du monde, à la demande de Lacan. On verra ci dessous d’autres liens établis par Masson lui même et l’érotisme, jusque dans sa référence à l’extase de la bienheureuse Lodovica ( sculpture du Bernin)ce dessin autrait précis, d'après Courbet, est focalisé sur un point précis.

ce dessin au trait précis, d’après Courbet, est focalisé sur un point précis. Une synthèse intéressante est possible ; elle est même probable entre l’origine du monde, la gioconde ( veuve joyeuse) et Etant donné….Jean Clair rappelle innocemment que Mona Lisa devrait s’écrire MoNNa Lisa car mona en italien désigne le sexe et lisa veut dire « pelé »…ce qui nous ramène à l’épilation de la baronesse et à la formule de Duchamp sur « l’abominable fourrure abdominale »!!

Courbet-Duchamp-Vinci : questions croisées sur l'identité sexuelle, le désir, le point de vue, le réalisme et/ou l'idéal....

Courbet-Duchamp-Vinci : questions croisées sur l’identité sexuelle, le désir, le point de vue, le réalisme et/ou l’idéal….

La question du point de vue et de la perspective est fameusement illustrée dans le dispositif perspectif suivant, datant du 15s et attribué à Dürer.

un dispositif perspectif de la Renaissance, remarquable,dans lequel onretrouve l'écrande verre, la mise au carreau, les lignes de fuitesdu témoin oculiste et une "mariée" mise à nu, dévoilée,présentant un sexe/origine/point de fuite....

un dispositif perspectif de la Renaissance, remarquable,dans lequel on retrouve l’écran de verre, la mise au carreau, comme trame indispensable, grille de lecture et de repère, équivalente peut être au quadrillage du jeu d’échec, qui donne tout son sens au jeu! Les pièces ne sont rien sans le plateau d’interprétation. Les lignes de fuites du témoin oculiste et une « mariée » mise à nu, dévoilée,présentant un sexe/origine/point de fuite….

Vinci, étude de sexe féminin...Une origine du monde à rapprocher évidemment de la Fontaine de Duchamp!!!

Vinci, étude de sexe féminin…Une origine du monde à rapprocher évidemment de la Fontaine de Duchamp!!!

Points séquences

Les points sont aussi les marques d’une séquence et donc du temps discontinu ; par exemple les pointillés que l’on retrouve systématiquement dans le Nu descendant l’escalier comme marques du mouvement.

la première version du Nu descendant l'escalier, moins radicale dans la mise en place de l'espace frontal, contient déjà les marques de séquences.

la première version du Nu descendant l’escalier, moins radicale dans la mise en place de l’espace frontal, contient déjà les marques de séquences.

la 2ème version du Nu descendant un escalier, introduit les marques graphiques de points et traits comme signes de déplacement dans le temps et l'espace.

la 2ème version du Nu descendant un escalier, introduit les marques graphiques de points et traits comme signes de déplacement dans le temps et l’espace.

Dans le passage de la vierge à la mariée,(par un clic, retrouvez l’article Duchamp-Vinci) ci dessous,  les pointillés comme signe de l’éjaculation sont associés au principe de projection ( qui est constituant y de la théorie de Duchamp sur les dimensions) et donc de dispersion.

Etude peu diffusée de Vinci sur un corps en mouvement ; on retrouve les séquences et pointillés.

Marcel Duchamp 1912 Le Passage de la Vierge à la Mariée
Le temps et la dispersion dans l’espace sont associé chez Duchamp à la 4ème dimension, dont la réalité physique tridimensionnelle n’est qu’un instant.

Duchamp travaille très tôt sur la notation musicale et les notes sont évidemment des points séquence.

 

page d'erratum musical ; projet qu'il reprend dans Duchamp du Signe,en matérialisant les sons par la chute de boules/points.

page d’erratum musical ; projet qu’il reprend dans Duchamp du Signe,en matérialisant les sons par la chute de boules/points.

LIGNES

 

Les lignes et traits sont essentiels , comme trajets, tiges, cadres, contours.

lignas aussi comme réseau et labyrinthe dans sa sculpture de voyage ; réseau arachnéen..

photo d'une installation de la sculpture de voyage.

photo d’une installation de la sculpture de voyage.

Les lignes comme canaux ou nerfs ou vaisseaux organiques des mariées peintes. Les lignes de saccades et de séquence du nu descendant, du jeune homme triste ; coupures, césures.
Les lignes produites au hasard des chutes des stoppages étalons ; les lignes matérialisées par du fil de la broyeuse de chocolat ;

cette fameuse photo du chariot à glissières et de la broyeuse, montre clairement la matérialité des lignes.

cette fameuse photo faite par Man Ray, du chariot à glissières et de la broyeuse, montre clairement la matérialité des lignes. Intitulé :  » élevage de poussière », ce qui donne aussi » douce vierge pâle ».

les lignes rigides des tubes capillaires, des cadres métalliques, des témoins oculaires, des barreaux de cages, des barreaux de lit,

la publicité originale de Sapolin, montre un lit/cage ( l'erreur de dessin- élision de latraverse horizontale du lit au travers des barreaux du pied de lit) , sans doute fortuite est reprise comme illusion d'optique par Duchamp.

la publicité originale de Sapolin, montre un lit/cage ( cage au lion…en référence à l’homophonie de Duchamp : nous nous cajolions) ; par ailleurs l’erreur de dessin- élision de la traverse horizontale du lit au travers des barreaux du pied de lit) , sans doute fortuite est reprise comme illusion d’optique par Duchamp.

des rayons de roue de bicyclette, des rayons optiques, des lignes de fuite, des carcans métalliques des uniformes et livrées….
Les lignes et traits sont la plupart du temps matérialisés par des moyens rigides picturaux référés au réel ( métal-fil-émail…).

les tiges-tubes qui sortent des carcans-cages, superposés par les brisures des verres...

les tiges-tubes qui sortent des carcans-cages, superposés par les brisures des verres…

Les lignes droites évoquent un univers de contraintes et de réalités ; elles seraient plutôt associées au masculin, aux quantités.
A la différence des sprays, des états gazeux.
Mais avant d’aborder l’espace conquis par les gaz, il faut aborder la question des surfaces.

Plans

 

Pour Duchamp la surface est avant tout surface de projection. Dans ses premières œuvres peintes. La surface est la dimension 2 sur laquelle se projettent les faits tridimensionnels et quadri-dimensionnels.
La surface de projection idéale sera le verre, comme lieu de dépose des projections. Brisé il révèle sa réalité, et Duchamp acceptera en toute sérénité les bris de ses œuvres sur verre. Le verre est aussi la surface dure qui arrête le geste et suscite le désir ; c’est la frontière qui renforce la puissance scopique ; le point de vue, puisque on ne peut pas la franchir autrement que par le regard. Le modèle de la vitrine, qui sera repris fréquemment par la suite par Arman, Beuys etc.
Il fait une œuvre programme, particulièrement brillante et unique en son genre, à propos de la question de la représentation ; c’est l’œuvre TU M’….

le fameux et complexe Tu m'....véritable catalogue des points, lignes, plans, surfaces.....projetés de manières variées sur la surface de la toile.

le fameux et complexe Tu m’….véritable catalogue des points, lignes, plans, surfaces…..projetés de manières variées sur la surface de la toile.

vision latérale de tu M'...où l'on voit la tige plantée dans la surface du tableau.

vision latérale de tu M’…où l’on voit la tige de rince-bouteille  plantée dans la déchirure à la surface du tableau, et l’ombre du screw-driver ( comme le souligne J.Clair, to screw en anglais est un terme sexuel) qui pointe vers le centre de l’ombre de la roue…..on peut se rappeler la contrepèterie de Duchamp : l’aspirant habite Javel…

M.D reprend ici tous les aspects de la représentation sur une surface, traces, ombres, perspective, succession de plans, déchirure ( manière Fontana), graphisme, couleurs, modelés, trompe l’œil…
La surface, quand elle n’est pas surface de projection deviendra aussi surface, phénomène tangible et non représentation ; le paradigme absolu de la surface étant sans doute la peau. La question de la surface est la plupart du temps traitée avec un soin extrême, comme par exemple l’élevage de poussière photographié par Man Ray. La douceur de la poussière rend sensuelle les surfaces ; je rappelle cette inversion : élevage de poussière/douce vierge pâle ( Duchamp associait la pâleur à la virginité dans ses premières oeuvres ( Buisson-baptème) La surface est une réalité.
Le ready made L.H.O.O.Q est opéré sur un objet carte postale clairement identifié.
Les matériaux des ready mades, comme Underwood ou Reward sont à chaque fois exécutés ou choisis avec  précision.
La surface /peau est mise en scène dans With my tongue in my cheeck, ci dessous :

1959 avec ma langue dans ma joueDe même, dans prière de toucher, dans le portrait de Washington ou encore dans torture morte.

Le cuir noir utilisé pour les vitres de fresh widow est aussi significatif de ce rapport à la surface/peau ; cuir noir pour veuve joyeuse..devant être ciré tous les matins (!!!!) selon M.D

La bagarre d'Austerliz ( voir plus bas les contrpèteries possibles) montre une fenêtre/ mur, souillée de giclures et de traces blanches, qui viennent buter sur la paroi ; les deux fenêtres de Duchamp sont complémentaires.

La bagarre d’Austerliz ( voir plus bas les contrpèteries possibles) montre une fenêtre/ mur, souillée de giclures et de traces blanches, qui viennent buter sur la paroi ; les deux fenêtres de Duchamp sont complémentaires.

Les carreaux de la fenêtre de la bagarre d’Austerlitz, se nettoient au blanc d’Espagne…..Allusion à l’éjaculation ? ( la grasse bite d’ Eros ?- Duchamp lui même parle des célibataires et de leur grasse lubricité…) qui viendrait buter sur la paroi, ne passant pas l’ouverture, comme les 9 coups tirés.

Dans ses croquis, Duchamp indique que le nuage/voie lactée, domaine de la mariée du Grand verre, doit être de couleur chair, troué par les pistons de voile/gaze…
L’étude de étant donné est un travail quasi exclusif sur l’équivalence surface picturale/peau.

surface/peau...dans cette étude pour Etant donné...

surface/peau…dans cette étude pour Etant donné…pâleur de la peau et fragilité.

Dans sa dernière œuvre, surface de la porte/surface de la peau sont au cœur du dispositif.
Le tissu comme voile de gaze n’est pas montré ( sauf pour Washington)

 

On peut synthétiser les plans et surfaces chez MD, comme étant donc essentiellement des SURFACES DE PROJECTION. Projections physiques ( points, ombres, traces, giclures) projection du regard ( fenêtre, grand verre, visages, peau, voiles, voilette, témoins oculistes, porte percée) et projection du désir ( vitrine, bouteilles, fenêtre).

La surface est bien entendu, l’interface de 2 mondes « étant donnés ».

Quand il n’y a pas fusion, il y a tentative de contact par projection. La plupart du temps, le contact est établi par passage étroit : le point.( la métaphore absolue étant la pupille, le regard. Dans les photos de Man Ray, Rrose Sélavy/Duchamp regarde l’oeil mécanique, tentant de « percer » le mystère du désir modifié par la surface modifiée du déguisement et du maquillage…Seuls les yeux ne sont pas modifiés.( ajout mars 2017)

 

GAZ

Le SPRAY

Par spray on entendra la dispersion et la diffusion. Les microparticules….

Contenants, Cages et Gaz…

Duchamp envoie à son tour, le gaz sur les orifices du bouche-évier, recto verso....tout son programme.

Duchamp envoie à son tour, le gaz sur les orifices du bouche-évier, recto verso….tout son programme. On repère des boules médicéennes sur ce médaillon étrange.

le chapiteau du "moulin mystique", de vézelay...Le mouilin ( dont la rotation est motivée par la rotation d'une roue cdentrée par une croix) , transforme la matière brute du grain ( ancien testament) en matière digeste et subtile, la farine ( nouveau testament). Duchamp utilise le moulin à café et la broyeuse pour transformer en poudre ( spray), la matière brute.

le chapiteau du « moulin mystique », de Vézelay…Le moulin ( dont la rotation est motivée par la rotation d’une roue centrée par une croix) , transforme la matière brute du grain ( ancien testament) en matière digeste et subtile, la farine ( nouveau testament). Duchamp utilise le moulin à café et la broyeuse pour transformer en poudre ( spray), la matière brute.

Le moulin à café...On trouve dans cette oeuvre de jeunesse, les principes de rotation et de mouvement , le principe de broyer ; le café comme le chocolat ; mais surtout la question du passage à un état dispersé.

Le moulin à café…On trouve dans cette oeuvre de jeunesse, les principes de rotation et de mouvement , le principe de broyer ; le café comme le chocolat ; mais surtout la question du passage à un état dispersé.

D’une manière générale, il y a chez MD un, un enjeu permanent, qui est celui du PASSAGE, d’un état à un autre, déjà lisible dans le « baptème », le « buisson », ainsi que dans le « Nu descendant » et » le jeune homme triste ». On retrouve ceci dans le passage de la vierge à la mariée etc…Mais c’est aussi le passage d’un état solide à gazeux, d’une dimension 2 à une dimension 3 etc….

automobiline…………

Autour de ce terme inventé ( au sens de trouvé, car cette marque existait jusqu’en 1961, ancêtre de Total!!) par Duchamp, des pistes nombreuses qui se croisent.

Véritable publicité de 1904..Esthétique proche de Sapolin...Les frères Desmarais pour avancer...des célibataires dans leur drôle de machine.

Véritable publicité de 1904..Esthétique proche de Sapolin…Les frères Desmarais pour avancer…des célibataires dans leur drôle de machine.

La question de l’air, du vide et de l’infini est une question explicitement abordée par M.D.
Par le parfum, l’air, le gaz, la dispersion, le nuage, la voie lactée…
Cette approche est proche du rapport des artistes baroques lyriques à la dilatation erotico/mystique ; le dépassement du corps matière par le corps gazeux, apte à se fondre et se diluer dans l’espace contenant-espace divin.
Les gaz, sont aussi les forces expansives, associées au désir ; les forces qui poussent à sortir, à dépasser les contraintes des contenants.
Les contenants sont associés souvent aux récipients, aux vases, aux corps dont la fonction serait d’être dépassés.

Dans sa description du grand verre, il est clairement dit que la mariée envoie de l’essence de désir aux cylindres-sexe ( l’ automobiline) afin de susciter le déclenchement extrêmement mécanique des actes aboutissant à  la mise à nu de la mariée ( enlever le voile) achevée par l’orgasme décevant…..

On retrouve RroseSélavy, et l'eau de voilette, sans doute l'essence d'amour en bouteille...tout le programme et le champ de signes..

On retrouve Rrose Sélavy, et l’eau de voilette, sans doute l’essence d’amour en bouteille…tout le programme et le champ de signes..haleine/parfum, voile/voilette, eau/essence de désir etc..

Dans le ready made, belle haleine, le contenant est bien sûr la bouteille, renfermant le potentiel parfumé-gazeux. Ready made  Belle Haleine, ready belle made-leine…..

Les machines célibataires tournent en rond par dépit de ne pouvoir produire d’éléments volatils. les machines célibataires/masturbatoires sont stériles. Elles peuvent produire ce gaz, si elles sont alimentées par la mécanique des bouteilles de plomb qui se meuvent grâce à la chute d’eau.  le gaz-désir-acte. L’eau descend et active ; le gaz répond et chemine vers le haut.

Dessin pour la guêpe ou cylindre -sexe - comme cylindre de moteur à explosion -diffuseur de l'essence de désir explosant par contact avec l'étincelle électrique...

Dessin pour la guêpe ou cylindre -sexe – comme cylindre de moteur à explosion, piston -diffuseur de l’essence de désir explosant par contact avec l’étincelle électrique…Par ailleurs, la référence stylistique au Vinci des Codex est assez évidente..

Un véritable entonnoir d'automobiline, marque d'essence des frères Desmarais ; qui eût pu faire un ready made parfait pour Duchamp....On y retrouve plusieurs qualités obsessionnelles.

Un véritable entonnoir d’automobiline, marque d’essence des frères Desmarais ; qui eût pu faire un ready made parfait pour Duchamp….On y retrouve plusieurs qualités obsessionnelles.

Le regard des témoins oculistes, les tirs des coups tirés, le gaz qui s’échappe des tubes capillaires sont des exemples de ces tentatives de dépasser cette stérilité, d’accéder au principe dynamique du vivant, le mouvement, les échanges, les souffles ( anemic/cinema- chutes d’eau etc.). Les coups tirés de Duchamp sont effectués par des alumettes ( susceptibles de déclencher l’allumage ; c’est à dire l’acceptation par la mariée de son dévoilement).
Les corps et contenants associés au féminin sont plus aisément traversés ou associés aux états volatils. les corps féminins sont associés aussi au mouvement, à l’origine ( rotations libres-fontaines-chutes d’eau-nuages-voie lactée…). Duchamp écrit clairement  : La mariée a un centre-vie quand les célibataires n’en ont pas ; ils vivent par le charbon qu’on leur fournit…P.68

Leonardo Da Vinci, anatomie de torse féminin ; Duchamp reprend cette vision du corps contenant-origine.

Leonardo Da Vinci, anatomie de torse féminin ; Duchamp reprend cette vision du corps contenant-origine.

La poussière est peut être l’état le premier de la dispersion. Sol et usure du temps . J. Clair rappelle que Vinci proposait de piéger la poussière par des diluants gras afin d’effectuer des paysages par hasard….

On recense sans problème cette mise en œuvre dans de nombreuses œuvres.

Par exemple, les pistons de courant d’air sont des petits carrés, des petits voiles de gaze ! ! ! Ils traversent le nuage/buisson/voie lactée disposé en hauteur du Grand Verre.
L’urinoir féminisé en fontaine devient actif, traversé par les flux aquatiques et originels.
Voile de mariée et gaz…..eau de voilette..association d’idée assez fréquente. Les textes américains sur cette œuvre jouant délibérément sur l’anagramme voilette-violette, effectivement, l’eau de violette est un parfum réel, un prénom également. La mariée est supposée diffuser de l’automobiline : cette essence de désir, qui reprend assez clairement la formule magique de la résurrectine de Raymond Roussel dans son  Locus Solus.
La bouteille se réfère donc au voile de la mariée, au gaz du parfum, à la fluidité des eaux.

Dans cette fiole aux formes évoquant encore les tiges organiques plus ou moins phalliques, le liquide de serum physiologique a été remplacé par de l'air....

Dans cette fiole aux formes évoquant encore les tiges organiques plus ou moins phalliques, le liquide de serum physiologique a été remplacé par de l’air….

Idem, pour l’ampoule d’air de Paris, vidé de son liquide et remplacé par un gaz.
Ce gaz/spray est clairement signifié par les tubes capillaires qui sortent des 9 moules mâlics.
A plusieurs reprises, M.D associe les bouteilles aux organes sexuels réversibles, phalliques et matriciels ; le flacon d’air de Paris n’est pas loin de la bouteille de Klein.

la bouteille de klein.

la bouteille de Klein. Objet théorique mathématique, d’essence duchampienne.Le porte- bouteille suggère une version androgyne de la bouteille, pénétrée, pénétrante.( Cité par Jaqueline Chénieux lors du colloque de Cerisy et par Clair dans ses textes ; il révèle même que M.D aurait questionné le mathématicien François le Lionnais sur cette bouteille)

L’ambiguité est clairement associée par le personnage récurrent de Rrose Sélavy Duchamp/femme ( MARiéeCELibataires), traversé par le regard ambigu, regardant qui le regarde ; cette introspection ; ce rapport continu de l’intérieur et de l’extérieur est une attitude digne de cette bouteille. On sait que le regard est une des manière de conquérir l’espace.

Contenants et cages

Lit-cage
Apolinère enameled : Apollinaire-Madeleine ( madelene) – Ready Made-lene, Lady maid, reine…..

apollinaire-madeleine, avec un "i".....comme les montants du lit...

apollinaire-madeleine, avec 2  « i »…..comme les montants du lit…

Ce ready made ( ready maid = vierge disponible) est aussi une mise en scène de cage ; la jeune fille est dans la cage, la cage au lion (nous-nous cajolions/ nounou cage au lion) ; elle cajole les barreaux de la cage…..  la dimension masculine de cette structure est éclairée par les approches suivantes :

Essai de constitution d’un nuage de références :

Il est possible de voir dans ce ready made étonnant une allusion à l’érotisme et à la relation entre Guillaume Apollinaire et Madeleine Pagès.

Apollinaire et Madeleine Pagès...

Apollinaire et Madeleine Pagès…

Cette Madeleine, rencontrée par Guillaume, dans un train ( jeune homme triste dans un train qui rencontre la jeune vierge – young maid), en 1915, se conclut par des rapports épistoliers et de plus en plus érotiques, qui sont exprimés dans les poèmes à Madeleine.

édition anglaise des lettres à Madeleine, d'Apollinaire

édition anglaise des lettres à Madeleine, d’Apollinaire

L’un de ces poèmes est « les 9 portes de ton corps » le poème se termine sur le désir fervent d’Apollinaire de franchir enfin les deux dernières portes du corps de Madeleine ; on retrouve le chiffre 9, sexuel chez Duchamp, qui est ici matérialisé d’ailleurs par les 9 barres de lit que peint la jeune fille ; il est acquis par certains, que le geste de peindre ces barreaux est clairement allusif au caractère phallique de ces barreaux ; ce lit cage est aussi étonnamment plongé dans une illusion optique ( que reprend Duchamp dans son travail sur verre de pyramide- jouant avec la perspective cavalière).
Cette très jeune fille ( on peut se souvenir du caractère  pédohile de certains passages des 11 Mille verges d’ Apollinaire) est entourée de 9 barreaux qu’elle contribue à teinter…comme la mariée entourée de ses célibataires…Duchamp a souvent peint sa soeur Magdeleine et certains ( John Golding notamment) ont vu des rapports incestueux dans les premières oeuvres de M.D représentant sa jeune soeur, assez proche des peintures de Balthus.

Madeleine Duchamp, dessinée par Jacques Duchamp-Villon ; sous le titre de madeleine au fauteuil. Une première Madeleine Duchamp, aînée de Marcel est décédée dans l'enfance.

Madeleine Duchamp, dessinée par Jacques Duchamp-Villon ; sous le titre de madeleine au fauteuil. Une première Madeleine Duchamp, aînée de Marcel est décédée dans l’enfance.

On retrouve aussi le rapport à la pilosité obsessionnel chez Duchamp avec l’apparition dans le miroir des cheveux-toison de la fillette ! !On peut rappeler la performance NewYorquaise : épilation de Elsa von Freytag–Loringhoven. La moustache de L.H.O.O.Q,  puis l’épilation de L.H.O.O.Q (1965), l’ épilation du nu de étant donné….

La gioconda-joyeuse, épilé-shaved, en1965 ; retour tardif sur la performance avec Elsa-Lisa von Freytag ?

La gioconda-joyeuse, épilé-shaved, en1965 ; retour tardif sur la performance avec Elsa-Lisa von Freytag ?

Duchamp sachant bien que Vinci épilait ses figures ! !

raser la baronne....la veuve Elsa....!

Man Ray et Duchamp,entreprennent de raser la baronne….la veuve Elsa….! Elsa von Freytag était bien la veuve d’un riche Baron et la première dadaïste provocante dans le New York des années 1014-1917

Portrait de Elsa von Freytag, peu avant son suicide. Elsa fut aussi poète.

Auto portrait de Elsa von Freytag- Loringhoven, peu avant son suicide. Elsa fut aussi poète. Elle est de la nature des Claude Cahun, comme nombre de femmes dadaïstes oubliées.

Il existe aussi de nombreux liens étroits et érotique entre Apollinaire, Madeleine, Roché, Duchamp, Picabia  et Wood ; Truffaut se réfère à Apollinaire et Madeleine dans Jules et Jim mais Roché fait référence dans Jules et Jim, soit au trio Roché-Hessel-Grund, soit au trio Roché-Duchamp-Wood. Il existe aussi le trio Duchamp-Ray-Freytag !!!!!

Il y a à chaque fois l’idée de la jeune femme entourée de désirants. C’est un triangle que l’on retrouve à de nombreuses reprises ; par ailleurs,  Apollinaire est assez clairement lié à Duchamp dans son esthétique calligramme, son érotique et leur vie privée même.

Apollinaire est ami de Picabia et Duchamp ; un voyage en voiture (enfant phare, cité dans la boîte verte de M.D, dans son texte littéraire : « la route Jura-Paris »,) effectué en 1912 du Jura à Paris avec Apollinaire, Picabia, Gabrielle Buffet, sera initiatique pour M.D ; il en retire de nombreuses impressions mécaniques/érotiques, associant vitesse, mariée et célibataires, poussière , linéarité de la route etc..champ de signification qui constitue d’ailleurs la base du Grand Verre selon Jean Clair.

Dans ses notes, Duchamp développe explicitement le modèle du moteur à explosion comme machine  animale, avec diffusion des essences-parfums, étincelle des électriques bougies-désirs, explosion-dispersion…Il développe aussi la métaphore des vitesses poussées au maximum dans une montée en automobile, jusqu’à l’arrivée en hauteur à l’orgasme.Métaphores relativement fréquentes à l’époque ( J. Clair rappelle des textes limpides de Maeterlinck, en 1904 dans Double jardin.).

germaine everling suzanne duchamp picabia sur la corniche 19211

Suzanne Duchamp, Germaine Everling et Picabia, en virée automobile, du genre de celle de Apollinaire, Duchamp et Gabrielle Buffet…

Pour revenir à Apolinère enameled, ci-dessous un texte américain explicite :

The subject matter of this piece is very erotic overall. The central image of the bed is a classic symbol of sexual intercourse. Ramirez also notes that the girl painting the bedpost has overtly sexual connotations in its suggestion of a female caressing a male phallus (42).

Varnedoe links this Readymade with the later Readymade Belle Haleine, noting that Apolinere Enameled’s idea of the « private advertisement » later yielded Duchamp’s own « house brand » Belle Haleine (272). Mink notes the pieces connection with yet another Readymade, In Advance of the Broken Arm, explaining that when « Apolinere » is pronounced with an American accent, it sounds like « A pole in air » (92).

Béatrice Wood et Duchamp

Béatrice Wood et Duchamp et Picabia

La dimension érotique et phallique se retrouve bien sûr dans Underwood, le bâton, sous les jupes de la machine à écrire…sachant que la maîtresse de Duchamp s’appelle Béatrice Wood…et le titre : pliant de voyage…

s'asseoir sur ce pliant de voyage ; injonction très suggestive, à son amie Wood!!! les sous bois ( busch = bois mais aussi toison) et ce bâton ( pole in aire)

S’asseoir sur ce pliant de voyage ; injonction très suggestive, à son amie Wood!!! les sous bois ( busch = bois mais aussi toison) et ce bâton ( pole in aire)…Célibataire = ces b….à l’air…


« A pole in air »( Apollinaire) , peut se traduire par « un pieu dressé » ! ! ! ! On retrouve encore les tiges du porte bouteille….et du En avance du bras cassé….

un manche dressé....A pole in air.....

un manche dressé….A pole in air…..

On peut d’ailleurs reprendre, le porte chapeau, le porte bouteille et le trébuchet, comme 3 ready mades où les tiges plus ou moins dressées et droites, attendent leurs housses : chapeaux, vêtements, bouteilles venant coiffer les tiges en l’air.

A propos de l’erotisme et de sa place dans son œuvre, Duchamp répond à Pierre Cabanne en 1967 :  » Enorme. Visible ou voyante, ou en tous cas sous-jacente. »… » je crois beaucoup à l’érotisme parce que c’est vraiment une chose assez générale dans le monde entier, une chose que les gens comprennent. Cela remplace, si vous voulez, ce que d’autres écoles de littérature appelaient Symbolisme, Romantisme. Cela pourrait être pour ainsi dire, un autre « isme ». Vous me dires que l’on peut voir de l’érotisme dans le romantisme aussi. Mais si on se sert de l’érotisme comme base principale, alors, cela prend la forme d’isme au sens école du mot…C’est vraiment le moyen d’essayer de mettre des choses au  jour qui sont constamment cachées, et qui ne sont pas forcément de l’érotisme, à cause de la religion catholique, à cause des règles sociales. »

Cependant, Duchamp, dans cet interview de P. Cabanne, revient à plusieurs reprises sur le fait qu’il a longtemps refusé le mariage et la paternité ; il était appelé le CELIBATAIRE par ses amis!! Il tente de distinguer définitivement l’érotisme de la procréation ; il dit qu’il ne se marie que lorsque sa femme, ne pense – ne veut plus avoir d’enfants…..il explicite clairement un rapport tendu et radical sur la maternité-paternité-procréation ; est-ce pour celà qu’il sedésigne « soigneur de gravité » ( le terme gravide, désignant une femme enceinte!!) ; la fascination permanente tout au long de ses oeuvres pour la mécanique/organique de la procréation est sans doute  à l’égal de sa répulsion. J. Clair rapelle cette phrase dérangeante de Duchamp : « on a pour femelle que la pissotière et on en vit »…..

cage à sucre, spray de marbre….

la BDdu génial Winsor McKay, little samy sneeze, publiée entre 1904 et 1906 à New York, montre une violence cataclysmique et cathartique de l'éternuement irrépressible.

la BD du génial Winsor McKay, little samy sneeze, publiée entre 1904 et 1906 à New York, montre une violence cataclysmique et cathartique de l’éternuement irrépressible.

Cage à sucre – Why not sneeze Rose Sélavy et Belle Haleine : dans les deux cas, Rose Sélavy est en jeu, enfermée ( sur l’étiquette de l’eau de voilette – photo de Duchamp en Rrose par Man Ray et dans la dédicace à Rose Sélavy pour Why not

Why not sneeze ? Un éternuement des bocs de marbre disperserait les fragments au delà de la cage...

Why not sneeze ? Un éternuement des blocs de marbre disperserait les fragments au delà de la cage…

Encore un éternuement de little Sammy ; Sammy préfigure little Nemo, celui qui tombe chaque nuit de son lit..

Encore un éternuement de little Sammy ; Sammy préfigure little Nemo, le célèbre héros de Mc Kay, celui qui tombe chaque nuit de son lit..

La dispersion, notion déjà abordée est aussi pour Duchamp un principe théorique essentiel et lié à la 4ème dimension ; une forme n’étant que l’ombre ou la projection d’une réalité supérieure.

une forme originelle : le cube, et toutes les formes de sa projection sur une surface ; par Bragdon, théoricien de la 4ème dimension...Encore une idée de dispersion.

une forme originelle : le cube, et toutes les formes de sa projection sur une surface ; par Bragdon, théoricien de la 4ème dimension…Encore une idée de dispersion.

Inversement, le plan de l’échiquier, ordonné, se révèle une source de variations infinies dans un espace supérieur, comme le montre son affiche pour le championnat de 1925 :

Affiche pour le championnatd'échec de France de 1925 ; on retrouve la théorie et les illustrations de Bragdon.

Affiche pour le championnat d’échec de France de 1925 ; on retrouve la théorie et les illustrations de Bragdon. Comme une explosion de possibilités.


Dans ces deux cas, il y a l’idée de contenant ( cage-flacon) et l’idée de diffusion aérienne, par éternuement et parfum ; c’est l’état gazeux qui dépasse l’état pesant. Le spray du désir, de l’Eros.

Cette cage, est une  oeuvre réalisée pour Katherine et Dorothy Dreier en 1921. Cage à sucre est constituée de 152 cubes de marbre ; le corps enfermé – oiseau/sucre reste de marbre, le thermomètre et l’os de seiche qui pénètrent ce corps ouvert ne déclenchent pas de température ni de mouvement ; la mécanique érotique n’opère pas ; il y a frigidité….Pour en sortir, il faudrait éternuer, se disperser, retrouver un état gazeux….Opposé à la pesanteur inattendue du marbre froid et lourd. Ce sucre ne se disperse pas. Par contre, le marbre trop chauffé devient chaux vive.

la photographie faite par Denise Bellon, la photographe surréaliste, semble être une version explicite de Why not Sneese, ou la femme enfermée est rigide-frigide, de marbre.

la photographie faite par Denise Bellon, la photographe surréaliste, semble être une version explicite de Why not Sneese, ou la femme enfermée est rigide-frigide, de marbre.  Par ailleurs, ce mannequin précisément est l’oeuvre commune de Duchamp ET Masson. Photo reproduite dans le livre de Masson « la mémoire du monde » ( Skira, les sentiers de la création)

Faut il encore voir des objets phalliques dans l’os de seiche ( qui durcit un corps mou) et le thermomètre…Ou plutôt faut il absolument ne pas le voir, quand Duchamp nous en impose à tout moment ? Sans doute une provocation allusive sur une certaine frigidité d’un oiseau en cage…Sore-Eros ( désir triste).

On retrouve encore la Baronesse Elsa, qui par une étrange coincidence, avait auditionné, en Allemagne pour la « revue des Vivantes Statues de Marbre »…..Sachant qu’elle fut muse de Duchamp ( plus âgée et expérimentée, amoureuse). l’un des déguisement de Elsa était bien aussi de se promener avec la tête dans une cage à oiseaux!!!!!

Cette idée de la dilatation et de marbre  associée au désir se retrouve exactement dans la sculpture fameuse et stupéfiante du Bernin, l’extase mystique de Ste Thérèse

cette extase mystique-érotique, de marbre dilaté peut être vue comme très duchampienne....

cette extase sculptée par le Bernin,  mystique-érotique, de marbre dilaté peut être vue comme très duchampienne….

de même le sommeil agité de la bienheureuse Ludovica Albertoni. L’érotisme comme sujet central est la préoccupation permanente de Duchamp, mais aussi de Masson, ami et collaborateur de Georges Bataille ( « histoire de l’oeil »!!) et ami et complice des Lacan. Iln’est donc pas étonnant de voir uneréférence à cette statue du bernin dans lelivre de Masson cité plus haut.

autre sculpture du Bernin, ou le marbre est encore agité.

autre sculpture du Bernin, ou le marbre est encore agité.Encore une « si belle à terre »!!!Le même André Masson y fait une référence explicite dans le livre cité plus haut.

Le marbre s’échauffe.
L’ange/eros de la sculpture de Bernin, tient une flèche, pas un thermomètre ! !

Duchamp parle aussi dans une conférence de : l’explosion solitaire d’un individu livré à lui même… sous l’apparence, je suis tenté de dire sous le déguisement, d’un membre de l’espèce humaine…….( Colloque de Hofstra,1960)

Le grand Verre comme capot de moteur ….dixit Duchamp, idée d’une mécanique du vivant contenue dans un contenant. Grand Verre serti de métal.
Le corps et le ventre comme cage à organe ; ce sont les peintures de la mariée, de la vierge, du passage de la vierge à la mariée….

Duchamp_ Vinci_Passage_virgin_to_bride superposition de Duchamp et Vinci dans leurs versions respective du coït….le corps interne, comme lieu de phénomènes d’échages variés et inframinces…..le sexe à l’air nettement dessiné par Vinci, repris discrètement et cach épar Duchamp ; l’équivalent pistural du déguisement par les jeux de mots…

Duchamp était un grand admirateur de l’étonnant Raymond Roussel :

il enregistre le dépôt d’un brevet sur l’utilisation du vide ;
il est l’auteur de la formulation aux échecs d’une méthode de mat dans le cas de la finale roi, fou et cavalier contre roi seul9 ;
il aurait fait la découverte d’un théorème mathématique, etc.
Dans l’œuvre Locus Solus, Roussel invente un récit :
Martial Canterel, scientifique et inventeur, invite ses collègues à visiter son domaine – une villa et un grand parc – appelé « Locus Solus ». Ils y découvrent des créations complexes et étranges, dont un énorme diamant de verre rempli d’eau et contenant une danseuse, un chat sans poil, et la tête encore vivante de Danton. Dans l’un des plus longs chapitres du roman, Canterel présente à ses invités une série de huit tableaux vivants mettant en scène des individus prisonniers d’immenses cages de verre. Par la suite, l’on découvre qu’ils sont en fait morts mais ressuscités grâce à un sérum, la résurrectine, inventé par Canterel et reproduisant des moments marquants de leur existence. Ayant complété le tour du domaine, les invités rentrent à la villa pour y dîner.

La cage des cages, l’ultime pièce posthume de M.D est la mise en oeuvre de la boîte inversée ; en effet c’est celui qui regarde par le trou de la porte qui voit se dévoiler une origine, un monde, une nature inaccessible sinon par le regard et la tension. Le dévoilement transgressif du dispositif révèle un échiquier invisible par le trou dans la porte ; commeune trame cachée  du dialogue continu et polarisé.

Nouvelle vision sur une « origine du monde épilée » ; le lien peut être encore établi par toujours André Masson, le contemporain et complice de Duchamp, qui peignit à la demande des Lacan, une toile pour cacher le tableau de Courbet. Ainsi peut on établir encore les connexions Bernin ( extases) Courbet( corps mis à nu) Duchamp-Masson-Lacan.

Le jeu d’échec est un affrontement différé ( chacun son tour) , polarisé, sur un champ donné ( l’échiquier) qui s’opère par coups et séquences de déplacements..Hubert Damish aborde les rapports entre la pratique de Duchamp et son rapport aux échecs dans les actes du colloque de Cerisy ( op. cit- éd 10/18).

le dispositif de "etant donné", dévoilé et mis à nu!!!!

le dispositif de « etant donné », dévoilé et mis à nu!!!!

autre point de vue dévoilant le dispositif de "étant donné"....

autre point de vue dévoilant le dispositif de « étant donné »….

Le corps étendu, ( la douce vierge pâle  si belle à terre!!)  tenant ce bec de gaz allumé, telle une Diogène cherchant un homme……

Le point de vue visant le point d’origine…version tridimensionelle du grand verre ; nous sommes renvoyés au statut de témoins oculaires, contraints d’observer L.H.O.O.Q, par la porte et non plus par la fenêtre, épilée cette fois.
Mariée sans voile, figure originelle chute d’eau/cascade/fontaine de voilette .
Ce corps, est en référence au corps de l’œuvre bidi préparatoire ou la peau, et lui même est en référence au nuage ou à la voie lactée du grand verre que M.D veut traiter de couleur chair. Chair et voie lactée à la fois, diffusion dans l’espace, rêve de Vinci par le sfumato, d’ailleurs, e paysage semble faire référence au paysage absolu et fondu de Vinci dans la Gioconda et le dispositif n’est pas sans rappeler les illusions et les boîtes de Pieter Janssens Elinga, jusque dans la présence du damier, des fenêtres, des grilles quadrillées

 

Photographie révélant un dispositif de Elinga( 17e siècle), reposant sur le principe de la boîte, du point de vue monoculaire, du damier, des portes et fenêtres...Duchamp a t-il vu ces boîtes ?

Photographie révélant un dispositif de Elinga( 17e siècle), reposant sur le principe de la boîte, du point de vue monoculaire, du damier, des portes et fenêtres…Duchamp a t-il vu ces boîtes ?

 

Pistes nouvelles : Duchamp-Fusions

(8/03/2017)

Si Duchamp POLARISE ( étant donné…est une manière de baliser un champ d’interprétation), c’est bien pour que dans ce champ, s’opèrent des rencontres.

Le type de rencontre le plus fréquent est sur le principe Masculin/féminin.

Soit dissocié et complémentaire Mariée/célibataire, Adam( Duchamp)/Eve( Bronia) etc..

soit andogyne et fusionnel : LHOOQ, Barbette, Rrose Sélavy.

Dans plusieurs oeuvres la rencontre est effectuée par la diffusion de sprays, dans l’air ; la rencontre ultime :

La chute d’eau/ Le gaz d’éclairage ; en effet, l’effet de la chute d’eau (fontaine aussi) est de se transformer en écume et brouillard aqueux ( spray)en mouvement de descente. A sa rencontre, le gaz d’éclairage ( spray), monte et en brûlant se transforme en lumière.

La lumière se diffuse d’autant plus dans un milieu brumeux. Fusion de l’eau et du feu, rencontre effectuée.

Cet éclairage (!!) permet aussi un retour sur de nombreux sprays comme vecteurs de fusions, l’éternuement, l’essence d’amour, la fontaine, l’eau de voilette, l’haleine, l’air de Paris, les gaz, la fumée, la poussière, le courant d’air..on peut aussi associer à ces notions, celles du café, du chocolat, qui opèrent par infusion/diffusion de la poussière dans un milieu.

De même, un corps en mouvement, se dispersant dans l’espace se dématérialise et occupe un volume et un espace plus vaste ; notamment Jeune homme triste dans un train et Nu descendant…

On peut encore associer la diffusion des particules inframinces dans l’espace au principe souvent exploré par MD de la dispersion.

Dispersion des points ayant même origine ( 9 coups tirés), dispersion des cubes dans l’espace, dispersion des possibles ( roulette de casino) dispersion des identités ( Reward), dispersion des couleurs ( tu m’). Les mètres étalons sont aussi l’expérience concrète de dispersion dans l’espace d’une unité originelle. Quand à la dispersion des lettres dans les jeux de mots, nous l’avons abordée.

Ses Boîtes ( vertes, en valise ..) ne fonctionnent que sur le principe évident de l’éclatement et de la dispersion des pièces, en une infinité de combinaisons possible.

Duchamp du signe »

Notes de lecture……..

ci dessous je propose un résumé succinct mais simplifié des notes de Duchamp autour du Grand verre ; j’ai retenu les pistes qui appuyaient les hypothèses de l’article ci-dessus.

Les numéros de page correspondent à l’édition « champs-flammarion », en poche.

Notion du régime de la pesanteur, p.51 et du passage à l’éclaboussement.

Les ready mades comme raidie maid ?

Idée de séquence sonore avec des boules chutant sur des wagonnets sonores/xylophone ; les boules comme matérialisation des notes, des points. P.53

Page 54 l’idée que les 9 coups tirés tendent à converger vers un point unique, visée idéale, inatteignable ; équivalent du point de fuite.

Le pendu femelle envoie des commandements ; est associé aux éclaboussures ; à Moïse ; dimension métaphysique et sacrée du féminin se substituant au monothéisme., p.55 ( arrose Sélavy)

Le grand verre comme « apothéose de la virginité », face aux machines célibataires grasses et lubriques. P.59

Le moteur du désir doit être tempéré par le refroidisseur à ailettes ou à eau.

La mariée n’est pas un glaçon asensuel ( comme why not sneeze ! ! !) ; elle refuse chaudement l’offre brusquée des célibataires. P.59

Il n’y a pas de solution de continuité entre eux ( Mar-Cel) il faut passer par des liens électriques. P.59

La mariée, comme puissance timide use de l’automobiline qui est essence d’amour distribuée aux cylindres et allumée par étincelle de sa vie.

Il y a aussi l’arbre de transmission, comme métaphore polysémique ( arbre de connaissance, arbre moteur…..Rappel de Adam( Marcel) et Eve ( ? ?)

Marcel Duchamp, jeune homme et jeune fille, 1911, autour de l'arbre..

Marcel Duchamp, jeune homme et jeune fille, 1911, autour de l’arbre..on peut noter que cette peinture se trouve en bonne place dans la boîte en valise ; il ne s’agit donc pas d’une erreur de jeunesse, mais bien d’une continuité extraordinaire.

Duchamp et Bronia Pelmutter en Adam et Eve, d'après Cranach..

Duchamp et Bronia Pelmutter( dernier amour de Raymond Radiguet..) en Adam et Eve, d’après Cranach..1924. On remarque que le passage du côté d’Adam au côté d’Eve, se fait par la projection lumineuse et que seule l’ombre réussit à entrer en contact avec la main d’Eve. On retrouve encore un subtil dispositif de passages et de projections, cher à M. D.

La suite du processus est une jouissance qui fait déchoir .p.64 ! ! ! !

L’arbre type serait de nickel-platine ; il est associé à l’idée tridimensionnelle de route, d’arborescence ( que l’on retrouve aussi sur les projets de détournements de cartes routières vues d’aéronef).le paysagisme démocratique p.111 ;

La mariée fournit donc aux célibataires l’essence d’amour et ne refuse pas la mise à nu p.65

La mariée est le réservoir d’essence à amour ( eau de voilette ?) qu’elle embrase par étincelle de magneto-désir p.67

Il y a l’idée de balancement et d’oscillation de l’aiguille et du pouls, associés au cylindre-sexe ( la guêpe) qui crache la rosée ( éjaculation-spray-dispersion-éclaboussure) p.67

Ce cylindre-sexe est une cage isolée ; P.69

La mariée a un centre-vie quand les célibataires n’en ont pas ; ils vivent par le charbon qu’on leur fournit…P.68

Notion de paillettes ( spray) paillettes de célibataires, paillettes de gaz passant par les trous de tamis.

Paillettes qui se dissolvent et finissent dans la baratte-ventilateur ? P.75

Les uniformes et livrées sont des matrices d’eros ; ils sont coupés au niveau du sexe.

Le traîneau est sur des rails ( lignes), tirés par des cordons ( lignes) retenu par des ressorts ( lignes).

Le chariot échappe à la gravité ; il est émancipé du poids p.83

Le chariot est mû par un système de chute de bouteilles alourdies à cul de plomb, qui chutent dans une trappe comme des bombes.p.86

p.88, jet d’eau par dessus les moules mâlics, puis bouteille de bénédictine comme poids de plomb. Principe de gravité/pesanteur ; la bouteille de bénédictine peut être remplacée par plusieurs bouteilles de marque à cul de plomb.

Il est question ensuite de manieur de gravité ; de diriger les éclaboussures à partir de trois points A,B,C …p.94

Le combat de boxe est un ensemble inachevé autour de principes de trajectoires de billes ( points) dont la finalité serait d’entrainer la robe de la mariée, d’opérer donc la mise à nu ! ! !par déclenchement.

La broyeuse est la machine onaniste, tirée à 4 épingles – points- ABCD

Le domaine des couleurs est associé au parfum p.100

Anagrammes et inversions approximatifs :

attention, nombre de ces inversions sont du niveau almanach Vermot et album de la comtesse; Duchamp a initié largement ce genre avec par exemple  » l’aspirant habite javel »….

Why not sneeze : wise not seen

Cage d’oiseau : je dois ce chaos

Eau de voilette : ote, dévoile ; eau de toi , l’Eve ; etoile eve ode ;

la bagarre d’austerlitz : la  guerre te lasse bite d’eros / eros se gratta la bite

la machine célibataire : la mariée lèche la bite saine

torture morte : tortore mutter ( tortorer=manger ; les mouches mangent la mère morte ?)

coin de chasteté :soin de chatte queutée

Autres cages, pistes :

Cage à corps :carcans- porte-bouteilles-
Cages à mécaniques : broyeuse-glissière-
Cage et boîte, bien sûr sa boîte en valise….

Fresh widow : baroness Elsa von Freytag-
Gioconda/étant donné

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A propos Olivier Jullien

Intervenant dans le domaine des arts plastiques, comme enseignant, praticien ( peintures-graphismes) et conférencier.
Cet article, publié dans Textes de méthode et recherches, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour DUCHAMP points….lignes, plans, gaz

  1. Ping : Marcel Duchamp (1887-1968) / Dada § Liberté d’expression / Amnesty International | CultURIEUSE

  2. culturieuse dit :

    Bonjour, j’ai mis le lien de votre page si intéressante sur mon blog. Cela vous convient-il?

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