La fin de l’art religieux, le fantasme de l’innocence, péché originel du catholicisme.

Ary Scheffer, les fondamentaux de la dégénérescence….postures démonstratives stéréotypes simplistes, application technique systématique……

La fin de l’art religieux

C’est au 19e siècle particulièrement, que l’art catholique se détache progressivement d’une pensée existentielle et adulte.

La poussée des penseurs laïques et libéraux, de l’esprit des lumières et la fin d’un régime ou le divin est associé avec la grandeur séculaire d’un pouvoir royal, voit le catholicisme se transformer petit à petit, notamment en peinture, en bluette désuète et en art de propagande.

Un nouveau pouvoir en quête de repères

Les hommes du nouveau  pouvoir en voie de structuration se caractérisent par une évolution nette de la posture et même de l’habillement , costumes noirs et chapeaux hauts de formes, systèmes pileux et virilité affirmée ; ce sont les mêmes,  hypocrites quant aux mœurs ( choisissant les petits rats de l’Opéra de leurs galeries aménagées et contraignant leurs femmes et filles à une claustration monacale), attaquant Flaubert et Baudelaire ( 1857) ainsi que Courbet,  qui sont  avides d’amasser des biens, des titres, de la monnaie,des marchandises… le pouvoir est à présent question de quantités et non plus de lignée ou de caste aristocratique ; ce pouvoir  a le mérite d’être accessible, mais aussi le défaut d’être fragile ; la ruine est possible, Balzac y puise l’inspiration…

Ce type de groupe dominant tend à se  détacher d’une religion qui était contraignante,  au contenu somme toute encore  métaphysique et philosophique, et n’en veut  conserver que le côté idéologique de soumission.

Béreaud, autre pompier livre la avec une terrifiante naïveté une version moderne de la compassion pour les pseudo femmes « perdues » ; ce qui arrange bien la morale élastique des patriarches en tous genre.

La construction de ce pouvoir patriarcal va marquer le monde occidental, du 19e jusqu’au 20e siècle ; ce seront les dadaïstes et les surréalistes qui identifieront assez clairement la cohérence du patriarcat ( famille/patriarche, patrie/terre des pères, religion/papa-Dieu le père, industrie/Patron ; incontestablement, Travail-Famille-Patrie-Religion fonctionnent selon un même principe, austère, fermé, répressif, contraignant….De cette époque est issue une éducation catastrophique des jeunes garçons contraints de coller aux modèles de virilité du 19e….

« L’arrestation de Charlotte Corday », par Henry Scheffer ( frère d’Ary), qui la réhabilite comme courageuse contre l’ignoble ami du peuple Jean Paul Marat…..il y a un enjeu politique clair contre certains courants « dangereux » de l’héritage révolutionnaire ; il s’agit présentement de s’allier la tradition girondine..

La manière dont Napoléon avait instrumentalisé Pie VII  est sans doute l’exemple marquant le  début du 19e et un nouveau rapport à la religion catholique.

Dans le même temps, la Restauration, va identifier la revanche religieuse à la revanche anti-révolutionnaire ; l’enjeu est bien de soumettre des classes dangereuses. Classes dangereuses, car le peuple est assimilé aux masses en haillons, aux tricoteuses, aux débauches sexuelles, à la saleté, aux corps puissants et agissants, aux débordements de toutes natures….Le 18 et 19 e siècles voient au moins 4 révolutions remarquables : 1789, 1830, 1848 et 1871….Sans compter les émeutes comme celle de 1832 décrite par Hugo dans les Misérables.De même, les conquêtes coloniales sont construites comme des guerre de civilisation, de soumission de peuples infantiles, primaires et barbares ;sensuels et criminels…qu’il faut domestiquer, tels les animaux de ferme, afin de mettre à profit leurs terres et forces. les expositions universelles sont l’occasion de montrer le succès des entreprises ( en occultant les crimes coloniaux bien entendu).

Gervex, l'incontournable chantre des pouvoirs, dépeint avec une minutie comptable, les peuples maghrébins défilant soumis, devant leurs colons, au cœur de la modernité occidentale des grandes verrières.

Gervex, l’incontournable chantre des pouvoirs, dépeint avec une minutie comptable, les peuples maghrébins défilant soumis, devant leurs colons, au cœur de la modernité occidentale des grandes verrières.

La bourgeoisie, alliée à l’aristocratie de l’ancien régime et même à certains napoléoniens opportunistes, saura utiliser une partie du discours religieux et catholique comme soumission à l’ordre établi et contrôle sur les corps et les passions et débordements.

Toujours le même Scheffer dans ses œuvres programmatiques ; il est l’un de ceux qui reconstruisent le mythe parfait de Jeanne d’Arc, jeune vierge catholique et royaliste…..

La synthèse de ces intérêts va culminer dans le « bonapartisme » de Louis NapoléonIII, analysé par Marx dans son analyse de la Révolution de 1848…..Ces forces en jeu sont d’une autre manière également décrite avec une pertinence admirable par Flaubert dans  « l ‘Education sentimentale » ( elle-même étudiée par Bourdieu ) .

Cabanel : portrait de napoléon III. Louis Napoléon "le petit"...Synthèse révée de tous les courants dominants, bonapartistes, restaurationistes, bourgeois...autour de la figure phallocratique qui perdure chez certains de  nos présidents , même décor, même lumière, costumes sombres....

Cabanel : portrait de Napoléon III. Louis Napoléon « le petit »…Synthèse révée de tous les courants dominants, bonapartistes, restaurationistes, bourgeois…autour de la figure phallocratique qui perdure chez certains de nos présidents , même décor, même lumière, costumes sombres….

Toute la littérature du 19e est pleine de ces critiques,  ironies et détestation du modèle bourgeois parvenu et revanchard,  de Stendhal, Dumas, Balzac, Zola, Flaubert, Hugo, Maupassant, ainsi que Sand et Flora Tristan….Même les poètes, Nerval, Musset, puis évidemment, les maudits Baudelaire, Verlaine, Rimbaud etc. exprimeront clairement leur écart d’avec ce modèle.

De ce désir d’ordre et de cette peur du débordement, il s’ensuit une débauche de peintures édifiantes, d’églises fades et stéréotypées qui vont couvrir une bonne  partie du territoire…La religion et ses représentants, disciplinés derrières les Jésuites et  les Saint Sulpiciens devient un instrument idéologique de propagande délibérée.

Imagerie Saint Sulpicienne type……

La pensée, la peinture, la religion deviennent des domaines relégués par les mâles dominants aux sphères considérées comme « inférieures », celles des idées, des sentiments, des émotions, de l’esthétique, du doute….bon pour les bonnes femmes , les enfants et l’éducation du peuple infantile….Idéologie qui se retrouve encore pleinement dans les discours anti-intellectuels de certains dirigeants récents comme Berlusconi ou son alter ego français…. »je préfère un con qui avance à un intellectuel qui réfléchit… » (Nicolas S. ex président) .

Femmes, enfants, peuple et colonisés étant des catégories inférieures devant être contrôlées et canalisées par des principes spécifiques, des leurres, des divertissements….

Le  catholicisme officiel s’oppose de  plus en plus clairement aux  utopies libératrices du St Simonisme, de la Franc-maçonnerie, de l’anarchisme, du socialisme international et du marxisme naissant.

Le cupidon de Bouguereau ( grand maître de l’art académique triomphant) est vertigineux de tartufferie mythico-catholique, d’une sensualité explicitement pédophile…

Quand on observe les contenus des œuvres religieuses produites à cette époque, de manière claire, l’esprit en est clairement absent ; il s’agit d’imageries édifiantes, mièvres édulcorées et de manière plus douteuse encore, exhibant sans vergogne une sensualité dérangeante dont l’enfance est l’enjeu…

La niaiserie de Baudry, autre grand chef de l’académisme pompier, est à la hautuer des turpitudes de Bouguereau ; ici un Saint jean Baptiste enfant……avec son petit nagneau…..!!
pas de limite à l’indigence…
 

Il y a bien mort de l’art religieux au 19 e siècle, et ce n’est pas un hasard.

Le Jésus du 19e n’est plus le héros romantique ou le créateur, c’est l’adulte édulcoré, c’est le « petit Jésus », c’est une image superficielle de la bonté et de la douceur dans un monde réel ou l’enfance réelle est martyrisée, exploitée, abusée…Dickens, Hugo, Zola……..en sont des témoins impitoyables…

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Le Jésus du 19e est une sorte de caricature édulcorée de la virilité :  barbu mais chevelu, viril mais en robe, charpentier mais contemplatif, résolu mais douçâtre…..Il semble de plus en plus être un corps égaré dans l’espace réel ; il perd sa dimension incarnée et terrestre.

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Peu de peintres réels seront prêts à se lancer dans de tels programmes.  La faible densité de cette approche de la spiritualité ne peut abuser beaucoup d’artistes, qui ne sont pas tous soumis et obéissants. D’autant plus qu’existent ds marchés de l’art de plus en plus variés.

Il y a un virus d’origine dans cette maladie qui atteint le catholicisme…

En effet, si la propagande bourgeoise du 19e a si bien réussi à instrumentaliser les figures chrétiennes, c’est que  la tradition le permettait ; si le Dieu des chrétiens a accepté de devenir humain en passant par tous les stades, y compris celui de l’enfance…c’est précisément pour habiter ce corps innocent. Si c’est à l’âge de l’adulte (de la tradition romaine : 30 ans à peu près) qu’il est sacrifié, comme agneau pascal, c’est que pour cette figure divine, il était impossible de devenir adulte (mûr) en restant pur ! Imagine t-on ce Jésus âgé ?

tout est là…

Non car l’adulte masculin, l’homme mûr, est plus susceptible d’être souillé, taraudé par ses sens. Chez un peuple de bergers, auteur de la Bible, l’adulte mâle est le bouc, le bélier.

Cabuchet, sculpteur du Curé d’Ars…archétype du curé inculte et obscurantiste, mis en avant par les hiérarchies ( parfois avec des tensions tant le cas est limite)…la foi se combine maintenant avec l’imbécillité et la superstition ; c’est aussi l’époque de Soubirou à Lourdes, autre innocente…

Le Bouc était le  modèle des silènes et des satyres comme  de Pan dans les traditions gréco-romaines .

Manuscrit du 13e, assez explicite, le fou est associé à la sexualité et au diable/bouc

Par extension le christianisme transformera cette force ambigüe de la puissance animale et féconde en figure du diable (pieds sabots, cornes, odeur, lubricité…).

Le fameux curé d’ars est plus inquiétant qu’un bouc à y regarder de près!

Misogynie d’origine

Dans ce monde, l’univers féminin est entièrement cantonné à la procréation. Les femmes sont  génisses, brebis.

La figure récurrente de Madeleine dans toute la tradition picturale, disparaît au 19e. car la sexualité et le désir, s’ils sont impurs mais légitimes chez les hommes-boucs, ils sont  contre-natures et diaboliques chez les femmes, sorcières et hystériques.

La « Madeleine » est pardonnée par Jésus dans la tradition, car elle est objet de désir – et donc nécessaire aux appétits des mâles en rut- qui n’ont donc pas le droit de lui lancer d’hypocrites pierres, mais elle ne doit pas être désirante.

La pauvre Madeleine, quand elle s’approche de Jésus ressuscité est rembarrée par un « Noli me tangere », le plus célèbre râteau de l’histoire…..elle n’aura plus, une fois son amour emporté, qu’à se terrer, vêtue de ses seuls longs cheveux dans un ermitage secret, mortifiant sa frustration et attendant la mort comme épousailles.

Baudry encore, après le St Jean baptiste enfant mièvre, la Madeleine découverte ; on est loin de la mystique rigoureuse de De La Tour…

On ne fera pas la liste hallucinante des exemples criants de la misogynie des monothéismes, depuis la bible jusqu’aux lapidations contemporaines.

Le catholicisme a tout de même érigé la virginité au rang de sainteté et de valeur suprême, jusqu’au paradoxe de la vierge mère. Cette construction fut longue et est le fruit de nombreux conciles.

Paul de Tarse, qui dans sa transe cataleptique de trois jours se voit converti ( remarquablement démonté par Onfray dans un rapport clinique) se révèle être manifestement un être à la sexualité totalement refoulée jusqu’à la souffrance et à la somatisation. La construction misogyne qui s’ensuit poursuit la tradition biblique, en la théorisant.

Les fantasmes et tentations sont parfois explicites et la haine et la fascination vont de pair ; l’adoration extatique de certains mystiques comme Bernard (pourfendeur d’hérétiques par ailleurs) va jusqu’aux délires, celui-ci se pensant dans ses prières intenses, arrosé par le lait de la « sainte vierge ».

l'effroyable Bouguereau mettant constamment sa virtuosité au service des poncifs les plus rances...Il n'oublie jamais cependant d'exhiber des nudités enfantines avec une complaisance manifeste....La prédation va souvent de pair avec l'affirmation du pouvoir absolu.

l’effroyable Bouguereau mettant constamment sa virtuosité au service des poncifs les plus rances…Il n’oublie jamais cependant d’exhiber des nudités enfantines avec une complaisance manifeste….La prédation sexuelleva souvent de pair avec l’affirmation du pouvoir absolu.

William-Adolphe_Bouguereau_(1825-1905)_-_The_Motherland_(1883)

Ainsi ces femmes, une fois leur besogne de procréation effectuée et l’allaitement fini, pourraient se révéler de dangereuses hétaïres, et laisser suinter leur sensualité impure. La pureté des enfants est en ce cas menacée.

Courbet, femmes endormies;on comprend pourquoi Courbet est indigeste pour les artistes académiques et les religieux ; des femmes aux corps vrais et pesants, à la diffréence des mannequins de "beurre blenc" comme s'en moquait Baudelaire, se laissant aller à un sommeil sensuel , loin de toute idée de procréation .

Courbet, femmes endormies;on comprend pourquoi Courbet est indigeste pour les artistes académiques et les religieux ; des femmes aux corps vrais et pesants, à la différence des mannequins de « beurre blanc » comme s’en moquait Baudelaire, se laissant aller à un sommeil sensuel , loin de toute idée de procréation .

Le mythe douteux de la pureté de l’enfance

L’enfance est en fait menacée par les femmes adultes, toute puissantes, castratrices et incestueuses, ce sont en fait des figures indomptables, qui effraient les prêtres dont la seule divinité de référence est une incongruité absolue : la mère vierge.

Ainsi, les enfants doivent être soustraits à la sphère d’influence des mères adultes et foncièrement pécheresses. De même qu’ils doivent être soustraits à la proximité des mâles dominants-boucs ( qui de toute manière se soucient peu de l’épanouissement de leur progéniture).

Enfant  frappant au tabernacle……dans quels esprits brumeux du 1çe siècle de telles billevesées ont -elles pu naître ?

Seul le prêtre serait alors l’être adulte, mûr, en mesure d’établir une véritable relation saine avec l’enfant « pur ».

dévotion suspecte

L’éducation, la formation et le formatage des enfants devient  donc un enjeu immédiat et crucial des catholiques, dans le monde entier : frères des écoles chrétiennes, jésuites, scouts, camps, aumôneries, séminaires, retraites.

sans commentaires

Cette éducation faite par les prêtres repose sur des présupposés solides qui sont relatifs à la négation d’une sexualité harmonieuse possible, entre les adultes. Il s’agit de soustraire au maximum les enfants à l’influence des adultes non religieux, quels que soient les prétextes : savoir, loisirs, formation, etc….

La formation des enfants est longue et les met en permanence sous la houlette des curés ; baptême, première communion, confirmation, communion solennelle…..pratiques justifiant une intrusion constante, par le biais de la confession dans l’intimité des enfants, leur éveil à la sexualité , les plaisirs solitaires ou les découvertes sexuelles.

loin des adultes…..

Ce contrôle des corps est à la fois détestation et fascination de personnes adultes qui pensent être en mesure de se soustraire à une sexualité adulte, conçue comme un mal nécessaire ( chasteté) et un tribut à payer à la nature animale de l’humain, à sa part maudite.

Cette détestation du corps et de ses réalités, ira nous le savons très loin dans l’obscurantisme, jusqu’aux freins à la médecine, jusqu’aux accusations de sorcelleries ( voir Michelet : les Sorcières).

Le catholicisme dans sa grande diversité saura malgré tout se montrer conciliant quand certains prélats désirants assumeront leur sexualité, jusqu’au pape Borgia qui avec femme, enfants, maîtresses et gitons, trônait dans le Vatican du 15ème siècle. Les craquements inévitables entre les théorisations absurdes et mortifères et la réalité d’une sexualité humaine vont ainsi traverser toute l’histoire du catholicisme, de Borgia aux fameuses « bonnes de curés ».

Mais cette sexualité ne peut jamais être vécue sereinement, car elle est théorisée comme impure. Certains prêtres cacheront donc leurs femmes et leurs enfants pendant des siècles et cette pratique de la honte et du secret continue bien entendu.

La confession, le purgatoire et les indulgences, spécificités de la souplesse et de l’hypocrisie catholique, vont permettre bien des arrangements. Petits arrangements que les églises réformées ne tolèrent pas.

Des prêtres au dessus des lois…

Mais il reste un noyau dur, celui des prêtres convaincus de l’impureté des femmes, convaincus de leur puissance dangereuse, convaincus de la menaçante et impossible influence lubrique des hommes-boucs. Ces êtres, eux-mêmes élevés dans des dogmes impossibles, parfois sincères et voulant renoncer à une sexualité adulte vont donc trouver chez les enfants les agneaux purs, qu’il faut à la fois éduquer et protéger des dangers de la sexualité adulte-animale des sorcières et des Dionysos en puissance.

Retrouvant le rôle d’initiateur, de protecteur, de pédagogue, ils sont sans doute persuadés, que les actes pédophiles sont en phase avec l’univers chrétien, car ces actes sont de nature angéliques. Ils verront alors l’influence maternelle comme un amour abusif, l’amour paternel comme un amour dangereux et initiatique à l’âge adulte.

Ce mythe de l’innocence, grotesquement représenté par des angelots, qui ne sont que des variantes d’Eros et cupidon ; des anges, archanges, chérubins, séraphins … qui sont des variantes des êtres hermaphrodites et androgynes, hérités des mythologies gréco-romaines ou la sexualité était assumée, comme l’homosexualité pédérastique et initiatique.

Ces fameux curés pédophiles, qui se comptent par légions, continuent donc cette tradition de l’initiation pédérastique gréco-romaine, revisitée par des fantasmes chrétiens et limitée aux jeunes impubères, le poil étant diabolique, animal, tenant du bouc et de la génisse.

Imbus de leur pouvoir, garantis par leur rôle intouchable de représentants d’un dieu proclamé bienveillant, échappant à la loi des humains , celle des hommes et femmes du siècle, impurs et jaloux , ils agissent dans l’ombre des sacristies, abusant de leur verbe et de leur puissance, de leur rôle de pédagogue, de conseillers, de moralistes et d’intercesseurs avec les juges suprêmes. Hypocrites et lubriques, abusifs et narcissiques, ils s’auto-absolvent, usant du droit qu’ils se sont payé de distribuer le bien et le mal.

Toute religion reposant sur le sexisme, les mythes d’impureté et la négation de la sexualité construit ce genre de dérive et de comportements.

La seule manière d’en finir avec les curés pédophiles, serait de ruiner toute religion se fondant sur la bible, texte merveilleux, barbare et archaïque, mais qui est à ranger sur les rayons des bibliothèque parmi les sagas islandaises, le livre des morts égyptien, l’Illiade et l’Odyssée, les Mabinogions etc….

A noter cependant que parmi ces textes, nombreux sont ceux qui laissent toutefois une part beaucoup plus importante à la réalité et à la complexité de la sexualité adulte.

Enfants, femmes et sauvages..sous la houlette des figures patriarcales

Les missions paternalistes auprès des « peuples -enfants »…


Le paternalisme dégoulinant de ces prêtres et puissants, assimile les êtres imparfaits mais contrôlables que sont les femmes et les enfants, aux peuples originels. La sexualité des peuples non chrétiens, le rapport à la nature considéré à tort comme originel ( alors qu’il n’y a pas plus sophistiqué que les cultures dites premières dans le rapport au vivant) sont vus comme amendables.

Il y a un enjeu de possession de ces peuples ; on les imagine enfantins, donc on se croit permis de les contrôler, de les enrégimenter par des conversions .

Ceux qui s’opposent à la christianisation paternaliste sont vus comme démons, boucs et diables….C’est paradoxalement le curé Bartolomeo de las Casas qui dénonce le premier cette attitude du colon..

Mais malgré ses remarquables écrits, malgré les textes révolutionnaires de cet autre curé..l’abbé Grégoire…la pente dominante est de considérer qu’il y a des peuples enfantins, à la pureté dévoyée mais réformable…

Derrière ce discours il y a aussi la mise sous tutelle, tout comme celle des femmes et des enfants sous les pouvoirs patriarcaux de la patrie, du patron et du père( Dieu)…

Ce n’est pas un hasard encore si c’est au milieu du 19 e siècle, avec le « Père » Bugeaud que les « bons pères » colonisent à tour de bras…..C’est à ec moment aussi que s’effondre toute la peinture religieuse.

Les questionnements métaphysiques et philosophiques des siècles précédents s’évanouissent derrière les bondieuseries à destinations ds peuples colonisés et des femmes et enfants soumis à la violence industrielle…

le grand modèle ibérique du 17e siècle….

La chrétienté espagnole est dès sa naissance marquée par le conflit. Au 8eme siècle, le conflit est rude entre Beatus de Liebana, et l’évèque de Séville, considéré comme hérétique, dans la tradition adoptioniste héritée des wisigoths. Ces chrétiens, relativisent la personne du Christ, avec la complicité théologique des musulmans qui sont en train de s’établir sur la péninsule.

Beatus sera l’un de ceux qui construiront le mythe de Santiago matamore , frère supposé de St Jean évangéliste, auteur de l’apocalypse commentée par Beatus, supposé être l’évangélisateur de la péninsule, il devient la figure emblématique de la reconquista. Ce même Beatus planifie quasiment la collusion étroite entre les clercs et les moines et les princes d’Asturies, afin d’établir un pouvoir semblable à celui de Charlemagne.

De ce projet va naître le royaume d’Aragon, incluant le nord de l’Espagne et la catalogne. Mais à tous moments, le christianisme est associé aux combats, au manichéisme anti-hérésie et à l’ordre. les clercs et autorités ecclésiastiques sont des médiateurs incontournables.

Cette réalité sera constante jusqu’aux combats contre les juifs et musulmans, puis ensuite contre les réformés. Le manichéisme et l’usage propagandiste de la religion sera théorisé par les figures de Torquemada l’inquisiteur, de Loyola le mystique austère, de Thérèse d’Avila. Rares seront les artistes et penseurs en mesure d’exprimer une approche plus philosophique du fait religieux ; l’inspiration orientale de Greco, les questionnements métaphysiques de Ribera et Zurbaran serontà peu près les seules expressions sincère d’une foidéchirée.

Vélasquez, bien sûr, esprit cultivé et curieux ( 2 voyages en Italie – rencontre probable avec Galilée-initiation à l’art par Rubens), échappe aussi aux dogmes.

Mais la tendance générale est bien, dès le 16esiècle, à un art manichéen de propagande, valorisant les madones fantasmées, les enfants jésus mièvres, les ordres cléricaux confits. Cette iconographie fait aussi la part belle à l’exhibitionnisme morbide pour les souffrances des matyrs.

Religion de l’émotion, de l’impact, du spectaculaire, le catholicisme espagnol est radicalement rétif aux philosophies humanistes et aux questionnements sur les rapports entre foi et raison ( Augustin, Thomas, Averroès, Pascal..). On voit par là, que l’iconographie religieuse est clairement tributaire de la théologie et des enjeux politiques. On peut même extrapoler et dégager des constantes de toutes les propagandes, autour de l’image des femmes, des enfants et des « protecteurs », qu’ils soient cléricaux ou/et militaires…Le sabre et le goupillon ont souvent fait bon ménage, complices en mysoginie et phallocratisme douteux.

Métaphysiques à la carte

Au 19e siècle vont fleurir les arts symbolistes et savants pour érudits confus et mélancoliques ; les pré-Raphaélites anglais, les Gustave Moreau, les Nabis..,vont proliférer en occupant une niche spiritualiste délaissée par la religion.

Mythes de substitution

Dans le même mouvement, la construction délibérée de nouveaux mythes prospère, celtisants avec Ossian et les sagas nordiques, Gaulois avec Vercingétorix, préhistoriques, exotiques…..Il faut remplacer tout l’imaginaire que drainait un art religieux puissant et foisonnant des siècles précédents et que ne permettent pas les visions étriquées de la religion du 19e.

Architectures….

De même en architecture, faute d’esprit réel, la tendance est à l’éclectisme ou au néo pour toutes les églises construites ; néo-gothique, néo-roman, néo-byzantin, néo-renaissance, néo-classique…..ce dont Victor Hugo s’indigne clairement dans Notre-Dame!!!

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A propos Olivier Jullien

Intervenant dans le domaine des arts plastiques, comme enseignant, praticien ( peintures-graphismes) et conférencier.
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