Tarantino – Basterds – cannibale

Note d’actualité : le texte suivant, écrit en 2012…..mais vendredi 4 novembre, 2016, le bonheur d’entendre enfin, quelqu’un d’aussi respectable que Marin Karmitz pour sa contribution au cinéma, parler de l’inconvenance totale de Tarentino…….de sa violence complaisante, gratuite…..sur les ondes de France Inter ; la même radio qui donne en cadeau aux concurrents du jeu des 1000 euros, le dvd des salopards ( 10 ou 12 ??) de Q.T….la niaiserie du consensus..

article publié dans la revue « la petite république ». 2012

Approche critique de la bande annonce du film et de l’univers suggéré du cinéaste.

Tarantino’s delicatessen ou l’esthétique cannibale

Pourquoi on peut ne pas être tenté d’aller voir le dernier opus de Q. Tarantino
ou : à propos d’une bande annonce

La bande annonce du film, apéritif supposé attirer en suggérant la tonalité de l’oeuvre m’est déjà insupportable, au sens strict : taches de sang au générique, hystéries et grimaces, saturation, tétanisation des comportements. Contexte historique complexe revu à la manière de règlements de compte et de vengeance. Mise en scène de pratiques d’une violence délibérée : scalps, exécutions de masse, scarifications, exécutions ludiques (base-ball) …personnages plutôt calibrés stéréotypes….le tout emballé dans un comique supposé.
Or même si la chair de l’homme blanc a un goût de vieille banane (affirmation d’un sage maori relatée par Pierre Loti dans « le mariage de Loti »), on peut ne pas souhaiter vérifier. Il en va de même pour les films de Q.T.
Le souvenir cuisant et insupportable des mises à mort et des exécutions dans Pulp Fiction par un Travolta désabusé, comme des giclures de sang orchestrées ou les injections létales de Kill Bill, ne devraient pas laisser indifférent. Il semble qu’il faille chercher à explorer plus avant ce phénomène, sachant que Inglourious basterds, faisait, la première semaine, aux USA, comme en France un nombre d’entrées spectaculaire.
Il faut chercher à comprendre, pourquoi ceci pose problème, pourquoi certain(e)s ( et j’en suis) ne peuvent pas adhérer, ni même dépasser le dégoût et le mépris pour ce genre d’image filmée, ni avoir la curiosité d’aller voir plus loin que ces premières impressions.

Apéritif hallali

Le recul vient déjà du fait que ces bandes annonces, sont supposées mettre le spectateur en demande…ainsi ce que l’on voit est supposé être un condensé de qualités du film que nous pourrions apprécier plus encore, or ces quelques secondes me révulsent.
Par souci de justesse, j’ai pu visionner sur l’internet quelques autres scènes…
Je ne peux m’empêcher d’y voir à chaque fois, le seul et simple spectacle de la mise à mort. Spectacle, dans la mesure ou l’argument des causes disparaît. Quelle que soit la vengeance et sa légitimité scénarisée, l’insistance sur les moments précédant l’exécution, sur les conditions de la mort, sur le moment du décès, sur sa réalité, sont autant de choix qu’à fait le cinéaste.
A l’évidence, Tarantino en fait donc un propos central. Les décisions mûrement prises et planifiées des exécuteurs, la programmation des humiliations et mutilations, le jeu de séduction avec la victime choisie (l’interview avant le coup de batte de base-ball), l’anesthésie de toute forme compassionnelle, le shuntage des émotions comme de tout sens moral culminant dans l’enthousiasme et la jubilation des acteurs de ces punitions, sont autant de postures qui devraient donner à penser.
Plus encore, le choix est délibéré, par exemple, sur les affiches, de montrer une batte de base ball et sur le générique de faire goutter un sang bordeaux. Tout comme dans Pulp Fiction il y avait les éclaboussures sur les vitres, dans les pièces…tout comme dans Kill Bill, il y a une fascination incontestable pour cette réalité de la mort, la vue du sang, la vue des armes, les regards des victimes et des futurs morts, leurs palpitations, leurs fragilité…. Quel est le sens de cette imagerie, car, qu’ils soient criminels et coupables n’enlève pas dans leur regard, l’universalité de l’angoisse devant la mort.
Les scènes sont montrées de telle façon, qu’elles empêchent, il me semble, l’identification ou l ‘empathie avec les protagonistes, qu’ils soient victimes ou qu’ils soient exécuteurs. Il ne reste alors au spectateur que l’attitude de témoin captif et voyeur de scènes d’une violence inouïe. Ceci me semble pervers et insupportable car il y a une impossibilité de faire sens et il y a danger de renvoyer dos à dos les coupables devenant victimes et les vengeurs devenant bourreaux. C’est la dimension spectaculaire, au sens ou tout se joue dans la perception immédiate, brute et sans recul possible et sans affect. Il y a anesthésie des sentiments au bénéfice d’une émotion brute.

De quel film s’agit-il ?

Sommes-nous en présence d’un film d’horreur du genre « the saw » ?, d’un film historique (non) d’un film politique ? d’une farce ?
On pourrait parler du point de vue politique et historique de la fiction : l’éradication préventive des nazis, aurait-elle permis d’éviter l’horreur de la shoah ? Si la réponse est positive pour Tarantino, ceci ne justifie en rien la délectation et la jubilation dans l’exécution de ce projet. Je ne crois pas que le Colonel Fabien, ni Manouchian, n’aient joui de leurs actes. Par ailleurs leur vision n’était pas de teroriser, mais d’excécuter. Ce que semble nous proposer Tarantino, est plutôt, une vision militaire et criminelle de la politique qui semble rejoindre les justifications de la torture par Aussaresse : pour éviter les bombes terroristes, il fallait torturer…..Dans l’armée des ombres, Melville montre avec pudeur et rigueur, la souffrance incroyable, l’épreuve bouleversante de l’exécution d’un traître, la résolution de Ventura et de Crochet n’exclut pas les affres de la morale.
L’argument de vengeance est utilisé comme moteur de l’intrigue par des centaines de cinéastes, il fournit la plupart du temps un fil conducteur efficace, une dramatisation, une identification simple aux héros.
Ainsi, quand, dans ce film, l’ennemi s’en prend aux femmes et enfants, aux innocents et incarne une des pires idéologies et un des pires massacres commis dans l’histoire, l’argument de vengeance devient absolu et cet ennemi, comme dans Kill Bill se voit privé de toute humanité ; la question de sa mise à mort devient donc aussi évidente que l’écrasement d’un parasite…Nous assistons à un retournement odieux de l’histoire, car c’est en déshumanisant a priori les ennemis que l’on génère les pires horreurs, et que le nazisme a prospéré….
La vengeance a posteriori des crimes nazis, programmée et opérée discrètement a été effectivement organisée par des services secrets israëliens, traquant d’anciens nazis ; la plupart du temps c’était avant tout pour les confronter au droit, lutter contre le négationnisme et l’oubli, parfois pour exécuter une sentence décidée gravement ; en visionnant ces témoignages, je n’ai jamais vu aucun de ces « vengeurs de l’ombre », se réjouir, jubiler et se satisfaire, encore moins exhiber de cadavre.
Ce qui peut encore choquer dans cette fameuse bande annonce, comme dans les extraits visibles sur Internet, c’est que ce propos intervient au moment ou à Guantanamo et dans les prisons d’Abou Grhaib les pratiques de tortures, l’humiliation, le jeu avec les victimes et de manière symptomatique les polaroïds pris par les bourreaux paradant au côté de leurs prisonniers, révèlent un scandale international.
Au nom de la lutte contre le terrorisme islamique, le « mal absolu » , tous les coups seraient permis, il n’y aurait plus de droit : « on n’a pas besoin de preuves quand on a de l’instinct », entend-on de manière prémonitoire peut-être dans  Reservoir dogs comme l’on y voit avec insistance un tortionnaire danser devant sa victime.
Du côté des djihadistes, des Kamikazes, comme des sociétés de plus en plus prospères de mercenaires américains, la seule loi est le « permis de tuer ». Ce dernier opus de Tarantino ne va t-il pas exactement dans le même sens ?
Au moment ou en Afrique du Sud et au Rwanda, le principe de la vengeance est écarté avec des difficultés incroyables et une audace remarquable, un film faisant il me semble, l’apologie d’une loi du Talion, qui plus est en en faisant non seulement l’apologie mais en insistant sur le côté libérateur, jouissif et cathartique de l’exécution devrait poser problème.
En recherchant cette fois ci, l’assentiment inévitable du spectateur, contre les effroyables nazis, Tarantino bascule clairement vers le racolage, ne l’ammène-t-il pas à accepter, regarder, se satisfaire, des tortures et mises à mort ?
Racolage, car que je sache, le propos de Tarantino, entre autres peut être, dans Pulp Fiction, comme dans Reservoir dogs et Kill Bill, est bien déjà, de montrer, de filmer, d’exhiber des crânes éclatés, des éclaboussures de sang et de cervelles, des tortures, des humiliations, le prétexte dans ces opus, était alors assez léger, jouant sur les parodies, mais quel que soit le sujet, une des garanties les plus sûres, avec ce cinéaste, c’est que des corps humains seront violés dans leur intégrité et que ces scènes seront des points forts, des point nodaux de ses films.
J’ai cru comprendre, qu’avec ce dernier film, l’auteur lie plus encore le spectateur aux exécuteurs et l’oblige à cette complicité. Par ce fait, et délibérément, il le souille et je pense qu’il jouit des humiliations consenties qu’il génère. Je vois ceci comme une approche clairement sadique.

Spectacle de la mise à mort

Jamais dans la peinture, sinon, chez les peintres pompiers, l’exhibition du sang et de la mort n’a été montrée comme jubilatoire drôle et plaisante. Expression de la passion et compassion dans l’art chrétien.. fascination morbide pour les sacrifices des martyrs sans doute, mais assimilée à l’horreur. Chez Goya, les horreurs de la guerre et la barbarie sont observées avec une lucidité pleine de désolation et sans complaisance pour le détail. Le sang qui coule dans le 3 de Mayo, n’est qu’une trace de peinture, comme un simple signe. Les croquis de guerre de d’ Otto Dix sont de la même nature et sont des manifestes évidents de la foi en la puissance des images. Les corps de viande de Bacon et Rebeyrolle par la décomposition de leurs formes, expriment des figures basculant dans l’angoisse intime et la dimension rugueuse, sensuelle des matières, nous éloigne clairement de l’imagerie de la violence.
Par contre, les seules peintures complaisantes sur la mort, la mise à mort et l’exécution sont celles par exemple, de Gérome :  Police verso, de Regnault : une décapitation chez le sultan  et l’Expiation (voyeurisme sur la guillotine et le condamné) de Friant, des artistes académiques en vogue à la fin du 19ème siècle, des techniciens remarquables, qui dans de grandes scènes virtuoses, étalaient leur savoir faire sans sens.
Ainsi, ce n’est pas parce que c’est une fiction ( c’est du cinéma ! !) que c’est anodin ; la puissance des images et a fortiori la puissance démultipliée des images filmées, est immense en collant au plus près à la réalité de la vision, de l’ouïe et de la durée. L’utilisation populaire des images filmées, dans des registres aussi différents que les actualités, la publicité, les souvenirs personnels et la création artistique contribue de plus à brouiller parfois les repères, à glisser d’un code à l’autre. Il me semble que justement Tarantino excelle dans le brouillage systématique et il le fait dit-on avec une virtuosité et une connaissance fabuleuse de ces univers, mais quel est la valeur de ces citations, de ces prouesses formelles, de cette maîtrise quand au bout du compte, elles servent des images complaisantes et insistantes de mises à mort ? Corrida ou place de grève !
La méticulosité, la lenteur, le soin, l’anticipation de la mise à mort me font penser aux rituels insupportables, de celui qui graisse ses armes, aiguise sa lame, dose sa dose, essaie sa mécanique de guillotine, teste la solidité de sa corde ou vérifie l’étanchéité de la chambre à gaz. A juste titre, le cérémonial et la préparation de la mise à mort sont parmi les arguments contre la peine de mort, la préméditation est considérée comme aggravante en toutes circonstances. L’incitation au meurtre est un crime et la peine de mort abolie dans de nombreux pays.

Succès populaires

La violence au cinéma est ancienne, mais l’apparition du sang sur les écrans est relativement récente. En aucun cas, cette licence de représentation n’a marqué un plus artistique, au contraire pour ce qui est du western. L’introduction de cette dimension de réalité a contribué à renforcer l’illusion de la vérité. Or le principe d’illusion est rarement en art un signe de subtilité, sauf dans le cas des vanités.
Sommes-nous en présence d’une vanité avec Tarantino ? L’illustration et l’imagerie, sont des pièges et éloignent de l’art de la suggestion et de l’ellipse. Montrer est la question évidemment centrale de tous les arts visuels. Ce que je vois des films en question me fait penser à une fuite en avant vers le spectaculaire, la licence délibérée, la surenchère tant dans le luxe virtuose que dans la violence des scènes.
Le côté paroxystique est un fait à étudier. Souvent, les dérives formalistes et technicistes ont été le signe d’un engorgement et d’une impasse esthétique. Le succès populaire n’est signe de rien. La connaissance et les citations non plus. Ce qui semble émerger de ce genre d’image est l’anesthésie de la sensibilité, l’élision du principe de l’affect dans l’œuvre, ne restent que les percepts, les concepts et les références. On s’éloigne ainsi de tout ce qui fait œuvre, la dimension poétique et sensible.
Il se trouve que cette réduction de l’œuvre à des effets, se retrouve chez un certain nombre de plasticiens ( Koons, Hirst…), combinant goût d’une provocation institutionnalisée et largement relayée et commercialisée, mélange des genres ( puérilité, morbidité, séduction..) et dimension spectaculaire des œuvres.
Voir des films sanglants et violents est une expérience que j’ai souvent faite malgré tout, et des James Bond aux Leone en passant par de nombreux films de guerre ou noirs, ceci se conçoit…ce qui me révulse, dès les premières minutes de plans de Tarantino, et dès cette bande annonce, c’est le sentiment d’être démarché, comme par des publicités de télémarketing. Tout me semble faux, et le ton, et les arguments et la méthode et pire encore, le produit proposé.
Pourquoi ces films sont largement populaires ?
On entend à son propos, qu’il est sans tabous, qu’il est iconoclaste (mot devenu passe- partout pour encenser la plupart des créateurs hypermédiatiques…) ; mais la violation des tabous comme règle esthétique révèle une intention délibérée. Celle de capter, par la transgression des interdits, un assentiment par délégation.
Essayons une hypothèse positive, selon laquelle Tarantino exprimerait avec courage, de secrets et enfouis désirs ; instrument de nos pulsions, prêtre de nos fantasmes, Tarantino, serait donc un Sade populaire, un Georges Bataille médiatique ou encore un Apollinaire au top des ventes, avec ses onze mille verges………
Il s’agirait donc d’une violence par délégation, d’une conjuration de nos angoisses devant la fragilité des corps.
Ce serait une manière de faire face, par le biais des fictions à la dimension organique de notre être ; il y aurait en fait une épreuve émotionnelle forte et le trouble provoqué chez le spectateur, serait une manière de faire oeuvre humaniste de sensibilisation au mal absolu. La mise en scène systématique d’assassins résolus, qu’ils soient bandits, tueurs à gages, femme vengeresse ou soldats perdus serait une façon de nous confronter à la violence latente de nos mondes. De nous faire percevoir les frontières de nos pulsions….Mais pourquoi l’humour ? Pourquoi les décalages ? Pourquoi les citations, quand le propos serait si clair ? Ces rires et agitations seraient comme libérateurs de nos culpabilités, et les citations comme repos, comme pauses culturelles après les sensations brutes ; c’est une hypothèse qui pourrait tenir.

Intentions

Mais pourquoi alors, les critiques, parlent-elles de jubilation et de sentiment roboratif, là où il devrait y avoir malaise et questionnement ? Les rires auraient donc la fonction de débonder le trop plein d’émotions. Ainsi, il y aurait réellement de l’affect, et la violence ne serait pas un spectacle, mais une épreuve. Je crois peu à cela. Depuis quand le spectacle de la souffrance est-il une leçon ?
Il ne me semble pas avoir lu ou vu l’auteur, afficher la moindre intention à propos de ses oeuvres, si ce n’est l’art de la citation et des clins d’oeils cinéphiliques. L’un des grands arguments, concernant ce cinéaste, est celui de la cinéphilie : mais en quoi l’érudition a-t-elle jamais été un argument esthétique ? Qui plus est quand il y a confusion dans les interprétations, nous avons plus affaire à un art de compilation et de montage ; érudition, attitude de flatterie auprès des cinéphiles, qui se sentiront visés et obligés de repérer, de faire montre de leur complicité, par delà la portée esthétique du film.
Il y a quelque chose de postmoderne, y compris bien sûr de kitsch, dans le côté apparemment décalé et comique revendiqué. Un fonctionnent délibérément construit sur le 2ème, voir le 3ème degré….quelque chose comme le fameux et insupportable L.O.L des messages qui désengage tout rapport réel et désamorce en fait tout discours et même toute interprétation comme forcément présomptueuse ou insuffisante. Fuite devant le discours, devant le sens. Tarantino semble donc vouloir échapper réellement à tout point de vue, il semble vouloir désamorcer toute critique, par une roublardise revendiquée. L’ambition affichée en interview, n’est que celle de la célébrité !!!
Je n’ai donc pas vu ce film, j’ai vu et entendu de nombreuses personnes qui l’avaient vu…j’attends que l’on me dise que mes appréhensions et interprétation sont fausses…que ce que je vois dans la bande annonce n’a rien à voir….Il se poserait quand même le problème de savoir pourquoi une telle bande annonce ! Pourquoi ces seuls extraits sadiques sur You Tube ?…Jusqu’à présent, tous les spectateurs m’ont conforté. Mais si quelqu’un réussissait malgré tout à me convaincre…..je ne dis pas non plus que j’irais voir…
Car comme en cuisine cannibale..le goût ne justifie pas forcément la transgression du tabou.

A propos Olivier Jullien

Intervenant dans le domaine des arts plastiques, comme enseignant, praticien ( peintures-graphismes) et conférencier.
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