Architecture, la beauté du diable

projet de collaboration Guggenheim-Ermitage en ex URSS- Zaha Hadid

Article publié à l’automne 2010 dans la revue La Soeur de l’Ange n°8.

ajout :
Depuis cet article, l’actualité des projets ne fait que confirmer la tendance, ainsi dans le quotidien Le Monde de la semaine dernière ( janvier 2013) la présentation du magnifique ensemble de Renzo Piano à Oslo…..dont la fonction principale est hélas d’abriter la collection exhaustive de  boursouflures kitschs, post modernes et décalées, de Murakami, Koons, Hirst, Barney , puis bien sûr Kieffer qui se place partout( comme bonne conscience picturale et morale) et Cattelan, qui trimballe son humour potache et grandiloquent de la Dogana, aux Guggenheim divers etc….bref, aucune surprise dans ce temple du goût dominant standardisé, de Venise à New York en passant par Versailles, Dubaï et Bilbao. Ainsi voici des collectionneurs, qui n’ont rien de collectionneurs, ils accumulent les grosses cochonneries qui sont dans l’air du temps et qui remplissent leurs compte en banque….On est à mille lieues des Thyssen ou Gulbenkian ou Cordier etc…..

Architecture de prestige : la beauté du diable

Comment ne pas être séduits pas les prouesses architecturales des 5 ou 6 cabinets d’architectes, qui trustent les programmes d’architecture de fondations, musées et centres d’art contemporains ? Zaha Hadid, Jean Nouvel, Norman Foster, Franck Gehry, Renzo Piano, Liebeskind, Herzog et De Meuron… Il est impossible de contourner ces quelques grands noms, d’un continent à l’autre. Leurs projets sont toujours stupéfiants, totalement audacieux dans leurs formes nouvelles, les spécificités de nouveaux composants (titane, carbone, verres et polymères variés, bois, nouveaux bétons). Un grand nombre de ces projets, comme le toit du Beaubourg-Metz (Shigeru Ban et J. de Gastines) sont travaillés par des logiciels et des modélisations, conférant à ces bâtiments des qualités graphiques souples répondant à des logistiques quasiment organiques ; c’est le cas des œuvres de Z. Hadid et F. Gehry notamment. L’inscription évidente dans la modernité, tant des formes que des matériaux, semble légitimer tout projet, comme signe d’un monde en construction, d’un consensus.

Les « folies ».
Les architectes ont toujours recherché leurs mécènes et leurs « folies », afin de pouvoir expérimenter de la manière la plus audacieuse, souvent grâce à des commandes de « villas », projets libres de mécènes curieux. Ces villas, parfois modestes, sont l’occasion de construire des prototypes, des œuvres-programmes, souvent à l’écart des agglomérations, respectant un contrat privé entre le client et le constructeur. Les audaces architecturales se retrouvent encore dans des bâtiments fonctionnels et industriels, là ou les normes et conservatismes esthétiques sont moindres et les normes urbaines plus lâches : pont, gares, entrepôts, bureaux…Ils semblerait que ces nouveaux bâtiments culturels, jouent, à grande échelle, ce rôle de terrain d’expériences.

Grand projets dédiés aux arts, confiés à de prestigieux concepteurs, mais au même moment ou ces grandioses constructions émergent, d’anciens Palais aristocratiques, rendus publics et démocratisés par le passé, sont accaparés de manière détournée par des complices des grands collectionneurs privés (Saatchi, Pinault…). Des châteaux royaux sont loués à des néo-enrichis pour des soirées privées (Louvre, Versailles), des châteaux comme Chambord sont réutilisés comme relais de chasses présidentielles pour amis. Il y a corrélation entre d’une part les réhabilitations spectaculaires de lieux de distinction de classe sous l’ancien régime, les palais et châteaux, et la construction de nouveaux bâtiments, obéissant aux mêmes logiques ; on retrouve l’idée d’édifier des lieux de prestige, réservés d’emblée à des initiés. Quand les portes s’ouvrent, c’est afin de mieux dérouter ceux qui pensaient pouvoir accéder aux pratiques artistiques contemporaines (effet Koons à Versailles). On peut considérer qu’il y a déploiement d’édifices, anciens et modernes, dont la fonction palatine est assumée, bien que déguisée, car dans nos sociétés parlementaires, il vaut mieux s’abriter derrière des alibis culturels. Depuis la construction de la fondation Guggenheim à Bilbao, un nouvel objet architectural et culturel est né : la curiosité architecturale spectaculaire, à prétexte artistique.

La fonction du projet sera surtout une fonction de distinction et la notion de prestige est étroitement liée à cet enjeu. Il y a des fondations remarquables, fruits de collections privées, ouvertes assez démocratiquement comme Gulbenkian à Lisbonne, Thyssen à Madre, Beyeler à Bâle, dans des bâtiments sobres et efficaces. Il y a des collections, récoltes de collectionneurs plus fortunés qu’amateurs, comme celle de Pinault, qui s’installe donc avec tapage, dans l’un des plus beaux sites possibles : Venise. À l’origine les fondations Guggenheim de Venise et de New York répondaient aux nécessités d’exposition de collections et d’accueil d’une production intense d’œuvres plastiques, à New York notamment. Discrète à Venise, la fondation de New York est d’une prodigieuse cohérence (la spirale continue et ouverte au zénith de F. Lloyd Wright), simple et d’une logique visible. Par contre, celle de Bilbao, puis celles prévues de Vilnius et des Émirats sont de nature différente. Projets touristiques avant tout ( ce qui n’était évidemment pas le cas pour Venise et New York – n’ayant pas besoin de ceci! ), produits d’appel pour tourisme de classes sociales identifiées d’emblée comme ayant un pouvoir de consommation supérieur. Moyen à Bilbao, les projet deviennent nettement plus radicaux en direction des nouvelles castes financières mondiales – l’argent n’ayant pas d’odeur, mafias, spéculateurs, dictateurs, narcotrafiquants pullulant dans ces paradis hôteliers-fiscaux).

Écrins vides – logique esthétique du spectacle.

Bientôt sur l’île Seguin…et partout dans le monde, la patte Gerhy.

Franck Gehry, génial et inspiré plasticien, laisse donc proliférer ses pétales et décrochements de titane, de verre et de transparence, déployant des formes irrationnelles, il dépose ses créations tels de merveilleux messages architecturaux. Séduction immédiate des matières, textures, les constructions sont délibérément illisibles et c’est en ce sens qu’elles séduisent. La satisfaction immédiate devant le spectacle formel offert, épargne tout effort de conception et de raisonnement. La logique de la perception sensible comme critère esthétique premier s’impose. Les programmes importent assez peu, le bâtiment n’est utilisé que dans une petite partie de son volume.
Zaha Hadid procède du même principe spectaculaire et ses œuvres sont identifiables immédiatement, ainsi que celles de Gehry ou Galatrava. La beauté du bâtiment ne réside donc absolument pas dans la rigueur et la subtilité du programme, ni dans l’invention formelle apte à résoudre par économie et techniques des défis et contraintes, mais dans un laisser-aller virtuose. Nous somme loin des pensées de Le Corbusier, Gropius, Wright…Pour exemple, l’un des derniers projets de ce type, le MaXXI de Rome (Hadid) est achevé, sans savoir encore ce que l’on pourra y exposer. Qui peut encore dire ce qu’abriteront les bâtiments de Vilnius, de Dubaï, d’Abu Dabhui, de Cagliari, de Graz, de Séoul, Luxembourg, Milwaukee, des Moines, Valences, Cincinatti etc…? Espaces dédiés principalement aux déambulations et parcours, ces oeuvres sont à considérer comme des sortes de jardins architecturaux, des signes extérieurs de distinction, de modernité et de puissance. On peut essayer en vain de trouver une documentation sur les accrochages et œuvres présentées, sur Internet…aucune œuvre n’est visible. Le bâtiment devient l’objet d’art, bibelot grandiose.
Ceci est une des fonctions traditionnelles de l’architecture que de faire signe et d’assumer la fonction d’objet monumental, mais dans nos mondes en expansion, les signaux ainsi envoyés sont ambigüs car dans le même temps ou la création explose, se diversifie et se démocratise, nous assistons à l’éclosion d’écrins, de cathédrales, sans véritables projets, tendant à justifier leur existence en abritant des pratiques artistiques monumentales et spectaculaires, qui procèdent de la même esthétique.

Ambigüités.
En effet, il semblerait que pour préserver des niches marchandes et rentables, il faille sur-valoriser certains produits en fabriquant des figures de créateurs-démiurges tout puissants et géniaux selon le modèle hérité de la Renaissance, mais dépassé. Ainsi des artistes sont choisis, sans doute parfois à l’insu de leur plein gré, pour endosser ce rôle et occuper des lieux dédiés à leur promotion, pour leur bénéfice monétaire (plus qu’esthétique) et celui de leurs marchands, ainsi Koons, Hirst, Fabre, Kieffer, Serra…On assiste même à des expériences piteuses de la folie monumentale…le subtil et raffiné Cy Twombly quasiment contraint de peindre un plafond au Louvre et se retrouvant à patouiller une déco digne d’un collier de nouilles pour fêtes des mères ; mais le voilà adopté dans la famille des élus capables du monumental. Ceci se fait donc au détriment de la production artistique contemporaine réelle. Tout d’abord, il y a maintenant collusion entretenue entre les fondations privées et publiques. Tous les établissements publics, en voie d’autonomie, sont incités à fonctionner comme des entreprises, ainsi le Louvre et les musées publics (Ermitage) vendent leur image et franchisent l’institution. Ils sont amenés à produire des profits, échanger, tracter, négocier et sous traiter. Les œuvres, sont transformées en marchandises et non en objets culturels, objets de sens, d’histoire. La socialisation des pertes et de la privatisation des profits étant l’ultime logique, le dogme libéral, appliqué dans tous les domaines. La fondation Guggenheim est associée au musée de l’Ermitage pour le projet de Vilnius. Rappelons-nous comme à Versailles, Aillagon, ancien ministre, directeur d’un établissement public, donne quasiment à son ancien employeur Pinault, les locaux pour exhiber la star des collections (Koons), lequel pinaul, dans le même temps, ayant enrichi sa collection grâce aux deniers publics, emporte ses œuvres et s’installe dans le prestigieux Palazzo Grassi, façade sur grand canal ! ! On retrouve les même, Aillagon, Pinault et compagnie, à l’inauguration du Beaubourg-Metz, dédié non pas à une présentation muséale, mais bien à des exposition temporaires, plus rentables et en prise avec les marchés. D’un côté, le Louvre, qui promeut l’incontournable Kieffer, se délocalise démocratiquement à Lens, au milieux des corons, architecture sobre et transparente, confiée à des discrets et doués japonais, et de l’autre côté se lance dans le pharaoniques projet de l’île-loisir (l’île Saadiyat « île du Bonheur ») d’Abu Dhabi, avec un somptueux édifice confié à Nouvel, spectaculaire, filtré, futuriste soucoupe, calé entre Gehry et Hadid !!

projets en cours pour l’île des musées à Abu Dhabi ; les mêmes, Hadid, Gerhy, Nouvel….

Ces institutions s’écartent donc délibérément de la fonction démocratique des musées du XXème siècle puisqu’ils deviennent des produits d’appel pour destinations prestigieuses et réservées aux castes dominantes, et pratiquent des accrochages et des expositions à vocation commerciale. En France on jongle encore avec la tradition démocratique, mais derrière la décentralisation, se profile le fonctionnement marchand et rentable de ces institutions ( les financements régionaux et départementaux étant grevés).
S’agissant d’œuvres d’art, la manœuvre est habile, car l’alibi intellectuel et culturel sera toujours garanti ; qui se plaindra en effet de voir Bellini, Greco ou autres voyager, même présentés en tête de gondoles ? Sauf que dans ce contexte, le bien public est détourné, la dimension culturelle, d’éducation et démocratique n’est plus le cœur de l’institution muséale. De la même manière, sélectionner une dizaine d’artistes, comme dans un casting ou comme dans la composition de boys-band est une opération marchande : Koons le kitsch, Hirst le punk, Fabre le maudit, Gupta l’indien méritant, Kieffert l’allemand de l’est à message, Serra le minimaliste monumental etc…Il manque encore une femme, un métis, mais ça devrait arriver avec Basquiat. Quellle que soit la valeur artistique de ces créateurs, les voilà pris dans une logique d’abattage et de spectacle : Kieffer en mesure d’occuper pendant la même saison : le Louvre, Guggenheim, le Grand Palais, sans compter les collections diverses…heureusement que l’on n’en demandait pas autant à Kandinsky ou Otto Dix !! Quant à Roman Opalka, il lui faudrait un millénaire pour occuper ces lieux simultanément. On se retrouve bien avec des contraintes d’efficacité et d’immédiateté, avec une notion de consommation immédiate, au détriment de la durée, du recul…conditions pourtant nécessaires à la contemplation et la pensée. Ces architectures, dont l’esthétique repose sur le plaisir superficiel et immédiat, sont donc bien en phase avec les logiques dominantes dans ce secteur de l’art contemporain.

Local-Global….
Un autre type de bâtiment spectaculaire prolifère, c’est le bâtiment communal ou régional, bijou identitaire, comme le musée des confluences de Lyon (Hadid), le musée de la méditerranée à Cagliari (Hadid), le musée du Moyen-Orient etc…Conçus comme des blasons, des caprices et des folies. Une nouvelle approche des identités, au moment ou la circulation des informations et de la culture brouille les spécificités culturelles… Paradoxe étonnant, les même architectes, construisent des musées de la standardisation artistique moderne, selon des standards esthétiques, et produisent aussi des musées à vocation monumentale et de distinction culturelle et régionale !! Tout ceci avec les même logiques et des signatures formelles immédiates. Il me semble clair que les contenus (art contemporain ou culture régionale) ne soient bien que des prétextes à bâtiments de prestige. On voit donc fleurir ce type d’institutions, après que le musée juif de Berlin (Liebeskind) ait vu le jour. Autant la construction d’un tel bâtiment était légitime, comme monument et lieu dédié, autant la multiplication de lieux de mémoires divers et variés relève souvent de l’imposture. Ainsi, un musée de l’immigration à Paris au moment ou l’on est de moins en moins capable d’intégrer les migrations. Pour bien faire, il faudrait jumeler ce musée, comme ceux de la Culture Méditerranéenne avec le bâtiment flambant neuf du Centre de rétention de Mesnil Amelot et la « jungle » de Calais…Souvent, la fonction de ces bâtiments de prestige est bien de voiler une réalité difficile et irréductible, afin d’en extraire alibis et devises.

Emblèmes d’un monde clivé.
On ne peut concevoir ces palais que dans le contexte bouillant et passionnant de ce début de siècle. Nous vivons un monde de plus en plus clivé. Clivage non plus à l’échelle des nations et des continents, mais mondialisé. Écart croissant entre riches et pauvres, tiersmondisation des classes moyennes occidentales (pour commencer, les grecs), développement de castes immensément riches dans les pseudo « pays émergeant ». Il n’y a pas de projets nationaux, ni de constitution de cultures locales ou régionales, mais création de réseaux, de lieux, de domaines réservés, protégés. Les fortunes mondiales, se créent ainsi des terrains de jeu, des villes, des piles, des territoires, à l’échelle de la planète. Ces musées-fondations font tout simplement partie du programme. Il leur faut des écrins capables de valoriser les œuvres des artistes distingués comme étant dans l’air du temps, c’est à dire capables de produire non pas des œuvres, mais des objets d’art ; objets de distinction, donc souvent abscons et échappant au discours et à la saisie intellectuelle qui les démocratisait – il est donc de bon ton d’être sot et kitsch.

emblème du kitsch, la monumentalité infantilisante de Koons

Ces objets artistiques, se doivent d’être chers, sophistiqués et gigantesques, afin de ne pas être assimilés par le commun des mortels ou des amateurs d’art. Si ces œuvres faisaient sens, elle seraient susceptibles d’être comprises et assimilées démocratiquement, car la pensée est universelle, leur pauvreté poétique relève d’un projet hypocrite, celui de fonctionner selon des codes pour initiés. Ces œuvres sont comme les bouteilles de champagne à 1000 euros en boîte de nuit chic… Ni meilleures ni pires, mais offrant la garantie de n’être partagées qu’en club fermé. Ces grosses productions sophistiquées sont ensuite exhibées et promenées dans les lieux et fondations crées à cet effet. C’est de la même manière que nous assistions à la domination de Gehry, Hadid, Nouvel, au service d’artistes qui sont ainsi, parfois malgré eux et indépendamment de leur réelle valeur artistique, transformés en produits mondiaux, en marques de distinction, Rollex, Mont Blanc et Chanel des arts plastiques. Ils ont évidemment comme point commun d’être en mesure d’occuper les lieux luxueux, par des œuvres monumentales, produites de manière sophistiquée par des ateliers…Le Paradoxe est qu’au même moment, la population mondiale à doublé en 40 ans, l’instruction et la connaissance des courants artistiques circule en permanence ; des centaines de milliers d’artistes produisent de part le monde des œuvres variées, riches et en phase avec notre univers. Ces œuvres circulent tant bien que mal dans différents réseaux, écoles, galeries, petites fondations, collectionneurs, amateurs, amis, institutions…Mais n’ont pas de lieux, pas de places, pas de visibilité. Ces productions sont pourtant le terreau réel de l’art vivant. Internet devient donc, faute de mieux, le seul lieu de confrontation de ces créations.

Repentirs discret de structures : boîtes à cimaise et halls pour spectacles.
On peut noter encore d’un strict point de vue architectural une curiosité révélatrice. La plupart de ces nouveaux bâtiments, fonctionnent malgré leur apparence sur le vieux principe de la boîte. Si les œuvres des stars contemporaines peuvent être monumentales, par commande, les œuvres du passé sont souvent de tailles plus modestes ; que ferait en effet un petit Giacometti perdu dans les grands halls de nos cathédrales muséales ? La solution trouvée est donc de construire des parallélépipèdes bien fermés, mais emboîtés et masqués par l’emballage technologique. On retrouve ce principe à Bilbao, au MaXXI, au Beaubourg-Metz et même au musée Hergé de Louvain (Portzamparc) et chez De Meuron… D’un autre côté, ce recours simple à la boîte, cachée, est une solution de facilité, car une fois construite, la boîte à chaussure de base, peut être entièrement recouverte, masquée, noyée dans une explosion de virtuosité toute formelle et sans rigueur. Et l’on assure ainsi la possibilité d’expositions alibis, comme étalage sans idée, dans des caissons aveugles et étouffants des gravures de Dürer à Bilbao, pour faire prétendument écho à Kieffer !

Des alternatives.
Ces solutions de facilité ne sont pas le fait de certains architectes capables de créer des bâtiments remarquables, cohérents, séduisent et radicalement modernes.
Renzo Piano est sans doute le plus remarquable d’entre eux. Un signe ne trompe pas, il est difficile à première vue de reconnaître sa patte tant il est capable d’inventer des solutions spécifiques, au milieu, aux fonctions, au programme. La superbe, élégante et discètre fondation Beyeler à Bâle, merveille de simplicité, héritière de Rittweld et Mies van der Rohe, est en mesure de présenter aussi bien Gauguin que Jenny Holzer. Son Zentrum Paul Klee (Zürich) aux ondulations régulières et transparente, dialogue avec le site aussi subtilement qu’un amphithéâtre grec… Le centre Djibaou de Nouméa et bien sûr le Centre Pompidou…À chaque fois Piano a su trouver des solutions rationnelles, assez simples et cependant audacieuses et élégantes, aux structures lisible set inventives, qui fassent tout de même signe.
Nouvel serait peut-être dans un entre-deux, le musée du Quai Branly privilégiant le spectacle et les déambulations, avec génie, mais peu de prise en compte de la fonction. Là encore, la solution des boîtes saillantes, assure quelques espaces privatifs, à côté d’œuvres supportant mal la solitude des grands halls de déambulation.
Parmi les créateurs contemporains en architecture, Khoolas, Bhota, Endo, De Meuron, Meyer, Portzamparc semblent résister à l’ivresse et rassurent sur la possibilité de construire des repères dans un monde perturbant.

Quels lieux pour la création contemporaine ?
Jamais la production artistique, picturale, plastique n’a été si foisonnante. Dans les dizaines de milliers d’œuvres produites par des artistes plus ou moins anonymes, il y a d’innombrables œuvres méritant le regard. Bien plus déroutant encore ; il y a des milliers d’œuvres, d’artistes du XXème siècle, reconnus et admirés un moment, qui hantent les caves des musées, fondations et greniers. Il y aurait de quoi construire de véritables musées contemporains, permettant d’exposer cette richesse prodigieuse. Les riches collectionneurs, pourraient à moindre frais (nombreuses sont les œuvres peu chères et nombreux sont les artistes pauvres) acheter de véritables stocks d’œuvres de qualité. Alternative dans la réactivation de véritables FRACS et DRACS, de friches industrielles, de forums permanents ; réponses à la floraison virtuelle du web. Une confrontation ouverte à la variété contemporaine, la présentation pérenne d’œuvres du passé, ne sont pas des mesures démagogiques de nivellement, ni le fruit d’une posture post-moderne, qui affirmerait que tout se vaut, au contraire, la confrontation et la distance, seraient les meilleures garanties de voir émerger et se distinguer les œuvres les plus puissantes, indépendamment de leur valeur marchande.

Hong Kong : « Louis Vuitton : A passion for creation ». The Exhibition includes works from Jeff Koons, Bertrand Lavier and Stephen Sprousse, all who have conrtibuted work to the Fondation Louis Vuitton pour la création. The openin set to take place on Friday, Mays 22nd will include the attendance of LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton chairman Bernard Arnault, Marc Jacobs, Prince, Takashi Murakami and Frank Gerhy.

A propos Olivier Jullien

Intervenant dans le domaine des arts plastiques, comme enseignant, praticien ( peintures-graphismes) et conférencier.
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2 commentaires pour Architecture, la beauté du diable

  1. Amanda dit :

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